Mission économique

 

  L’opération de charme  des hommes  d’affaires tunisiens à Douala

 

  Cette mission multi-sectorielle intervient à un moment où le volume global des échanges entre les deux pays se situait à 15,7 milliards de FCFA en 2014 contre 11.4 milliards de FCFA en 2010.

 

 

 Attirés  par un marché de plus de 100 millions de consommateurs, une délégation  composée de 17 hommes d’affaires tunisiens séjourne depuis  plusieurs jours au Cameroun.    C’est à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Sfax et de la Coopération internationale de la chambre de commerce et d’Industrie (CCI) du Centre en Tunisie. Cette mission  multi-sectorielle, qui fait suite à celle d’avril 2016 dans la capitale économique, a été reçue hier jeudi 9 février 2017  au siège de la Chambre de Commerce(Ccima) à Douala. Elle était venue  recueillir des informations sur le marché camerounais, prospecter le marché, tâter les opportunités d’investissements  au Cameroun pour les entreprises tunisiennes. « L’impact de ce type de rencontres dites B2B n’est plus à démontrer, et celles-ci permettent de déboucher sur des projets concrets de partenariats commerciaux, techniques, technologiques voire financiers entre les parties prenantes. Nous comptons donc sur les entreprises tunisiennes pour nouer de véritables partenariats d’affaires gagnants-gagnants susceptibles de se matérialiser dans un proche avenir par la signature effective des contrats d’affaires, », a indiqué Christophe Eken, Président de la Ccima.

 Une délégation d'hommes d'affaires tunisienne séduite par le Cameroun(crédit photo:Christian Happi)

Une délégation d'hommes d'affaires tunisienne séduite par le Cameroun(crédit photo:Christian Happi)

 La visite des hommes d’affaires tunisiens  survient à un moment où les échanges commerciaux entre les deux pays restent largement déficitaires pour le Cameroun. L’on note ainsi que le volume global des échanges se situait à 15,7 milliards de FCFA en 2014 contre 11.4 milliards de FCFA en 2010. Malgré un faible niveau des exportations Camerounaises vers la Tunisie concernant notamment le bois et ses dérivés, le Cameroun se situe aujourd’hui à la 52ème place des fournisseurs de la Tunisie. S’agissant des importations Camerounaises en provenance de la Tunisie, et concernant surtout les produits alimentaires et pharmaceutiques, le Cameroun occupe la 30ème position des clients de la Tunisie. La coopération entre le Cameroun et la Tunisie se renforce davantage et couvre aujourd’hui plusieurs domaines, en particulier les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur pour ne citer que ceux-ci. Ainsi,  la Tunisie est une destination de plus en plus fréquentée par les malades camerounais. De même, le nombre d’étudiants camerounais en Tunisie a atteint le chiffre record de 1500 étudiants inscrits dans les universités privées.

 

Le programme de la mission de prospection multisectorielle tunisienne est dense et varié. Ces chefs d’entreprises séjournent jusqu’à ce  vendredi 10 février à Douala pour des rencontres B2B avec leurs homologues camerounais avant se rendre à Yaoundé.  Là bas,  il est prévu des prospections d’entreprises locales dans le cadre du salon Promote 2017 qui débute ce samedi. Également au programme, l’organisation de rencontres B2B des audiences pour les officiels et les entreprises intéressées de la délégation tunisienne auprès de certains départements ministériels à caractère économique.

 

 Christian Happi

 

Ridha Fourati

 Le président de la chambre de Commerce  tunisienne( Crédit photo: Christian Happi)

Le président de la chambre de Commerce tunisienne( Crédit photo: Christian Happi)

 «  Le Cameroun regorge  de gros potentiels  avantageux pour les entreprises tunisiennes »

 

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Sfax en Tunisie  évoque les relations bilatérales entre les deux pays  tout en vantant les atouts du Cameroun.

 

Ce n’est pas la première fois qu’une délégation de chefs d’entreprises tunisiens arrive au Cameroun. La dernière fois c’était en avril 2016 ; quel  bilan faites-vous de toutes ces missions ?

 

Le bilan est toujours positif avec le Cameroun.  Nous sommes pour le moment entrain de franchir des étapes afin d’accéder aux différents marchés de l’Afrique. Nous venons au Cameroun constamment et ne soyez pas étonnés qu’on revienne de temps  à autre. Il faut qu’il ait cette habitude : que les Tunisiens viennent au Cameroun et que les Camerounais fassent le chemin inverse. Ce n’est pas un hasard si nous venons ici ; c’est parce que le pays regorge  un gros potentiel  qui est avantageux pour les entreprises tunisiennes. Le Cameroun possède une structure portuaire importante notamment avec le port de Douala, le port en eau profonde de Kribi. Le pays est délimité par six pays; sa langue officielle est le français et bien évidemment l’anglais.   Nous avons des points communs comme le fuseau horaire et nous vivons sur le même continent qui est l’Afrique. Tous ces atouts incitent les opérateurs économiques tunisiens à venir prospecter au Cameroun.

 

Malgré ces  différentes missions les échanges commerciaux entre les deux pays restent faibles ?

 

Les missions  économiques ne peuvent pas porter leurs fruits dans l’immédiat. C’est du long terme. Il faut au préalable  nouer des contacts de confiance,  des contacts d’amitié entre les deux pays. Il faut que le   Cameroun et la Tunisie s’investissent ensemble, qu’ils se connaissent mieux. C’est pourquoi nous en Tunisie on vient régulièrement au Cameroun.

 

Où en sommes-nous avec l’installation de Tunisair au Cameroun ?

 

 Il existe quelques problèmes pour  la réussite de ce projet ; Il n’y a pas que  la ligne directe qu’il faut prendre en compte, il y a les visas et d’autres paramètres sur lesquels la Tunisie et le Cameroun   doivent trouver un compromis.  Il nous revient, en tant que homme d’affaires,  en tant institution de la Chambre de commerce de Sfax en Tunisie, de faire tomber  toutes ses barrières.  Mais il n’est impossible que le projet se concrétise dans un proche avenir car nous  sommes en Afrique et il y a une volonté politique dont il faut l’amorcer  pour le bien des affaires entre nos deux pays.

 

Propos recueillis par C.H.

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