Alors que leur porte-parole a dernièrement  retiré auprès de cour d’appel du Littoral l’affaire opposant la miacbis contre Cofinest, un soupçon de corruption plane sur ce dernier dont on accuse  d’être de mèche avec le liquidateur.

 

 

Le collectif des anciens épargnants de la Compagnie financière de l’estuaire (Cofinest) a peut-être de quoi se faire du souci. Pierre Numkam, leur porte-parole et par ailleurs président du conseil d’administration de la Mutuelle inter-africaine des consommateurs des biens et Services (Miacbis) a récemment saisi le Président de la cour d’appel du Littoral d’une demande aux fins  de radiation sans arrêt de l’affaire qui oppose son association contre Cofinest en liquidation bancaire.Approché pour en savoir davantage,  explique la mutuelle dans un communiqué dont Le Quotidien de l’Economie au eu copie, Pierre Numkam n’a pas souhaité s’éteindre sur le sujet. « Il  n’a  pas donné d’autre réponse que de nous renvoyer exploiter la lettre par  lui adressée  au Président de la cour d’appel de Douala de laquelle il ressort que de nouvelles actions seront engagées au profit des victimes  de Cofinest sur le fondement de la responsabilité civile contractuelle ou délictuelle », affirme la Miacbis.

 

 

Par conséquent,   des accusations fusent de partout, les actionnaires de la microfinance(EMF)  accusant même Pierre Numkam  d’être de connivence avec  François Xavier Zinga. Lequel le qualifie le porte-parole des ex-épargnants de l’EMF, « de personnage soutenu par des personnalités  tapis dans l’ombre et dont le but  de ses allégations  mensongères est de provoquer un soulèvement populaire en cette veille du 28 février  2015 qui a été baptisé  par certains agitateurs qui semblent être les complices  émeutes de la faim », souligne la SG, citant  une correspondance   de François Xavier Zinga  datée du 26 février 2015 et adressée  au Préfet du Wouri.

Rappelons que Cofinest, a cessé de fonctionner le 21 février 2011. En cause, un nombre trop important de crédits compromis ou accordés à une poignée de personnes, notamment l’Union sportive de Douala avec une dette de 2,9 milliards de FCFA. Cependant, plus de 776 millions de FCFA ont été mis en payement, mais n’ont pas encore été retirés par les bénéficiaires au guichet d’Afriland First Bank.

Christian Happi

Pierre Numkam
 
 
 
 
« Nous voulons faire respecter les règles applicables aux dépôts bancaires »
 

Pierre Numkam, le porte-parole  des victimes de Cofinest s’explique sur les raisons  cette radiation, tout en précisant en annonçant d’autres actions dans les jours à venir.

 

Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à soumettre auprès du Président de la cour d’appel du Littoral une demande aux fins  de radiation ?

 

 

Nous avons demandé une radiation après avoir découvert qu’il y a plus de  5 milliards de FCFA bloqués dans les banques. Or,  les règles  qui sont applicables aux banques voudraient que  l’activité bancaire soit scindée en plusieurs compartiments. En ce qui concerne les ex-épargnants de Cofinest, ils sont liés  à la banque par un contrat civil. Les dépôts bancaires relèvent du domaine  droit civil alors que devant la cour d’appel  nous sommes engagés dans une liquidation judiciaire.  Ce qui relève du domaine du droit commercial. Toutefois, pour amener la pratique bancaire cadre avec le droit, il fallait demander cette radiation car  l’objectif final de notre action ne vise pas seulement à faire indemniser les ex-épargnants de Cofinest, mais aussi de faire que la pratique bancaire change. Nous allons donc après avoir demandé cette radiation, engager des actions devant le juge civil pour obtenir d’abord le payement de cette somme par ceux qui la détiennent pour le compte des épargnants.  Puis, engager d’autres procédures pour dommages et intérêt.

 

Que répondez-vous aux  actionnaires de l’EMF qui vous soupçonnent  d’être de connivence avec le liquidateur et que dire aux victimes de la défunte Cofinest inquiets depuis cette radiation ?

 

 

Ce ne sont pas les actionnaires de Cofinest qui m’ont mandaté. Ils peuvent dire ce qui leur passe par la tête. En plus, je ne pose pas les actes d’un coup de tête : j’analyse les faits et je cherche les règles de droits qui y sont applicables. Et dans ce cas, il  y a des règles de droits qui doivent s’appliquer par rapport aux dépôts et j’attends les faire respecter.  Pour finir, je dirai que l’affaire Cofinest ne m’intéresse pas plus que les autres EMF qui ont fait faillite. Nous avons engagé une action qui vise à assainir le secteur bancaire et nous irons jusqu’au bout. Que personne ne me prête des idées qui ne m’intéressent en rien.  S’agissant des  épargnants,  ils  me connaissent suffisamment. Si quelqu’un est anxieux c’est qu’il n’est pas de la Mutuelle inter-africaine des consommateurs des biens et Services. Il n’empêche, l’association lutte pour tout le monde, notamment ceux qui ne font partie de la mutuelle. C’est dans ce sens que des actions nouvelles seront engagées dans les tous prochains jours.

Propos recueillis par C.H.

 
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