La plupart de ces structures n’ont sur leur site officiel  que des nouvelles vieilles de plusieurs de mois.

Conçus pour permettre aux visiteurs d’avoir les dernières nouvelles de l’entreprise, les sites web de certaines entreprises peinent à être mis à jour. C’est par exemple  le cas de Ciments  de l’Afrique(Cimaf) Cameroun  dont les informations les plus fraîches datent de janvier 2013.   Pourtant,  on se serait attendu que la filiale du groupe Addoha  met à la disposition du public, les chiffres concernant les ventes sur le marché Camerounais, des premiers sacs de ciments sortis des usines de Bonabéri à la périphérie de Douala.  Que non !  tradex-S.A.-est-l-une-des-entreprises-qui-possedent-les-vi.jpg

Le même constat est observé du côté de la Société  nationale de raffinage(Sonara) et  de la société Camerounaise des produits laitiers(Calmait). Ces deux entreprises  ont sur leur site web respectif,  des nouvelles vieilles de plus d’un an. « Le jeudi 07 mars 2013, est en effet une date qu’il faudra classer dans les annales de la Sonara. La raffinerie, embarquée dans des travaux d’extension et de modernisation depuis l’année 2010 va vivre un des moments les plus cruciaux de la première phase de sa transformation », peut-lire sur le site officiel  de la Sonara.   

S’agissant des laboratoires Biopharma,  l’on remarque que l’un des « news » les plus  actuels  datent du 06 mai 2014, soit  près de six mois.  Il a été publié à l’occasion  de la deuxième édition du Congrès  international sur le bien-être(Cisbe) organisé dans la capitale économique.  Outre ces légèretés, certaines sociétés comme Complexe chimique Camerounais(CCC) et  Selcam (Sel du Cameroun) ne disposent pas sur leurs portails web, la rubrique « actualité ». Parallèlement,  Bocom petroleum. S.A. est  présentement confrontée à l’indisponibilité de son portail web. « Nous effectuons actuellement de la maintenance  sur notre site web. « Contactez-nous par courriel à : info@groupebocom.com », rassure son site. Il est donc impossible aujourd’hui d’avoir des  informations sur leurs activités quotidiennes.

Pareil pour la société anonyme Tradex qui garde en ligne des informations dépassées. Son actualité la plus proche  est un billet du samedi 12 juillet 2014  qui    parlait de Perrial Jean Nyodog. Le Directeur général de Tradex S.A. avait parrainé la 8ème promotion des ingénieurs de l’Université  catholique d’Afrique centrale-institut catholique d’art et métiers (UCAC-ICAM). Cette information est publiée un mois après celle du Forum économique de l’Afrique gagnante qui s’est déroulé à Paris le 28 juin dernier.

Christian Happi

 

                       

 Me Laurent Bondje

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« Les entreprises ont des choses à cacher »

L’avocat au barreau du Cameroun donne les raisons qui peuvent contraindre une  entreprise à ne pas mettre sur la toile est certain nombre d’informations.

 

On constate aujourd’hui que le site web  des entreprises est rarement mis à jour. Qu’est ce qui justifie cette situation?

 

La formation, le manque d’équipements  sont choses qui  peuvent expliquer cette situation.     De plus, nombre  de sociétés ne sont pas assez formées dans les Nouvelles technologies de l’information et de la communication(NTIC) ; vous n’avez qu’à voir avec quelle difficulté elles se sont  adaptées à l’outil informatique.  Nous sommes dans  un environnement de suspicion économique ;  un monde  où les gens pensent sauvegarder  des  secrets économiques. Ils se disent que si je mets sur la toile les informations de mon entreprise d’autres personnes vont en profiter. Or, l’information économique doit circuler pour permettre à tout le monde de se faire idée de ce qui se passe dans les entreprises.   Le monde est devenu un village planétaire et on ne  peut plus traiter les affaires comme autrefois. Une affaire qui se passe aux Etats-Unis doit être connue de tous les hommes d’affaires, un placement qui se fait au Cameroun doit intéresser celui qui est au fin fond de la Chine.   Je crois que les entreprises doivent communiquer, viabiliser leurs les sites web.  

  

Est-ce que  le fait ne pas actualiser un site  peut être vu comme la rétention de l’information?

  

Evidemment que les entreprises ont des choses à cacher d’autant plus que lorsque quelqu’un  met au grand jour des informations parfois secrètes d’une société, c’est le fisc qui s’en saisit pour venir faire des vérifications.  De fait, beaucoup ne payent pas d’impôts et jonglent le fisc, la CNPS et les salariés. Ces derniers sont parfois payés au rabais sous prétexte qu’il n’y a rien dans les caisses. Il y a également  le fait des lenteurs au niveau économique, c'est-à-dire qu’on décide de  mettre  plusieurs semaines  avant de poster sur la toile,  une certaine information. Et, quand elle arrive tard, elle n’intéresse plus personne.

 

Que peuvent être les conséquences de ce manque de volonté?

   

Il est clair que  c’est l’entreprise qui perd au final car sa vocation première est de faire des bénéfices.  Si elle n’en fait plus, elle va chuter et ne pourra plus faire face à ses engagements.  Elle sera même amenée à la cessation de payement et la banqueroute avec toutes les conséquences que nous connaissons : chômage, dettes non réglées et des peines de prison pour les dirigeants sociaux qui ont conduit l’entreprise à la banqueroute.

Propos recueillis par C.H.

 

 

 

 

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