Les fournisseurs et les consommateurs sont obligés d’entasser des bouteilles leur magasin.   

 

Les détenteurs des bouteilles de gaz domestiques estampillées Camgaz (société la Camerounaise de gaz liqueries) ne savent plus où se mettre la tête.  Cela fait en effet plusieurs semaines, que  les bouteilles qu’ils croyaient jusqu’ici d’origine sont refoulées dans les quincailleries de Douala. Les tenanciers de ces espaces marchands refusent de les reprendre parce qu’elles sont issues de la contrefaçon, explique Yves Tagne, consommateur. Selon lui, Il y a près de trois jours qu’il ne dispose plus du précieux liquide. Malheureusement, «  je ne peux pas l’acheter parce que mon fournisseur dit que ma bouteille n’est pas homologuée », confie-t-il. Tout aussi frustré,  Hervé Tchagoum, mototaximan, affirme avoir fait des mains et des pieds pour que son quincaillier  habituel lui donne une autre bouteille en vain. «  J’ai tout fait, tout essayé, mais mon  fournisseur a refusé de m’octroyer une autre bonbonne »,  révèle le client, dépité.  Approchés, les quincailleries affirment être dans l’obligation de décliner ces bouteilles qui sont repoussées au niveau des grands distributeurs. «  Nous ne le faisons pas de gaité de cœur ; c’est juste que nos fournisseurs les rejettent  », dit  Jean-Pierre  F., tenancier d’une quincaillerie. D’après lui, 10 de ses bouteilles ont été rejetées par son grossiste.

Depuis près d’un mois que le problème persiste, les grossistes, détaillants et consommateurs ont du mal à comprendre le silence de l’entreprise qui n’a jusqu’à présent pas expliquer le problème. Certains ménages, estiment même que l’entreprise Camgaz est entrain de leur abandonner avec des bouteilles contrefaites,  qui ne sont pas siennes. « L’entreprise doit prendre ses responsabilités et dédommager tous ceux qui détiennent ces bouteilles », suggère Yves Tagne.  Même son de cloche chez Marie T., infirmière dans une clinique. Elle affirme ne pas comprendre pourquoi la société Camgaz ne reprend pas ces bouteilles. Joint par LQE, les responsables de Camgaz ont une fois de plus refusé de commenter cette actualité.

Les ménagères coincées, ont été obligées de  se replier vers le feu de bois et le four à charbon «  Je prépare depuis peu sur le feu de bois ; mais il faut dire que là aussi, ce n’est pas une partie de plaisir surtout que le bois coûte cher en cette saison des pluies  », confie  Tatiana D., ménagère. D’autres consommateurs, ont purement et simplement décidé  de « ne plus jamais acheter une bouteille Camgaz, même si on me dis que c’est du vrai. Je préfère recourir à d’autres marketeurs. Surtout que l’entreprise nous a carrément abandonné dans un problème que l’on ne maitrise même pas », s’indigne Joseph Ntamack, comptable. Il n’est d’ailleurs pas le seul consommateur, a s’être replié vers d’autres marketeurs.  Car « Camgaz fait plutôt peur ! », lâche, le consommateur.

Christian Happi                                                                                            

Dispositions

 

Les ménages doivent encore garder les bouteilles contrefaites

 

Dans les ministères en charge de l’industrie, et du commerce aucune mesure n’est pour l’instant prise pour sortir les bouteilles de Camgaz du circuit.

 

Les consommateurs vont encore pendant un bon bout, rester dans leur domicile avec des bouteilles de marque Camgaz contrefaites. Les autorités, au courant de la situation n’ont pas encore prise les mesures pour « définir la conduite à tenir avec ces bouteilles qui sont jugées contrefaites », indique un cadre de la délégation régionale du ministère des Mines,  de l’industrie et du développement technologique (Mimidt). Même son de cloche, à la délégation régionale du  ministère du Commerce(Mincommerce) pour le Littoral. Un cadre de cette délégation confie que ces bouteilles Camgaz refoulées par les quincailliers, ont été introduites par un circuit de distributeurs « frauduleux ». « Ces bouteilles sont vendues à vil prix aux intermédiaires qui  les maquillent aux couleurs des marketeurs », explique, ce cadre du Mincommerce.

LQE a appris à la délégation du Mincommerce, que ces bouteilles viennent de l’Europe, principalement des Pays-Bas. Et, sont entrées sous le territoire camerounais par le biais de la contrebande. « Ce sont des bouteilles abandonnées en Europe qui sont ramassées par des Camerounais qui les mettent dans des containers de brocantes pour amener au Cameroun  via le port », explique-t-on ici. En attendant, que des éventuelles mesures soient prises, les ménages sont contraints d’emmagasiner leurs bouteilles. Ceci, présente tout au moins des dangers. Car, « même si la bouteille est vide, elle contient encore un peu de gaz. Du coup, les consommateurs doivent faire attention de laisser les bouteilles ouvertes. Ceci, au risque d’incendie au moindre contact du gaz avec du feu », prévient un expert du Mimidt.

D’après une source au Mincommerce, une réunion s’est tenue à Yaoundé avec les responsables de la société Camgaz, pour statuer sur la situation. Au cours de cette réunion, l’on apprend que Camgaz, a réfuté être le responsable encore moins le propriétaire de ces  fausses bouteilles que détiennent les consommateurs. « L’entreprise a plutôt révélé que les bouteilles ont été introduites par les distributeurs », précise notre source. Un des distributeurs rencontrés au quartier Nyalla, confie qu’une réunion avec la société est prévu dans les prochains  jours pour « essayer » de trouver une solution pour les consommateurs.    

Christian Happi

 

 

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