Produits de rente

 

La Chine importe 4 920 tonnes de coton du Cameroun au premier semestre

 

Le pays, d’après les statistiques douanières chinoises rendues publiques, se situe au 7ème rang des fournisseurs de la Chine sur cette période ; loin derrière les États-Unis  qui reste le premier fournisseur de l’empire du milieu avec 360 597 t de coton.

 

Sur les six premiers mois de l'année en cours, la Chine a importé 639 057 tonnes (t) de coton du monde entier, en hausse de 48% sur le premier semestre 2016, selon les statistiques douanières chinoises rendues publiques en juin dernier. Si les États-Unis  demeure le premier fournisseur de l’empire du milieu avec 360 597 t (+48%) sur le 1er semestre, la performance du Cameroun est particulièrement intéressante. Le pays, d’après des chiffres globaux publiés par Reuters, se situe au 7ème rang des fournisseurs de la Chine sur cette période avec 4 920 t (- 78,59%) et 648 t (- 85,4%) au mois de juin.

  Situé au premier rang des fournisseurs africains au premier semestre, le Bénin a vendu 16 837 t de coton vers la Chine  soit une hausse de 91%. C’est plus qu’en juin dernier lorsque le pays avait écoulé sur ce même marché 9 227 t. Globalement, l’exportation africaine est plutôt bonne durant cette période. « Le prix du coton africain est compétitif, voire très compétitif, par rapport à la moyenne du prix d'importation du coton en Chine, toutes origines confondues. Bien évidemment, le cas de l’Égypte est à part étant donné la qualité de son coton à fibre longue », écrit  un  observateur.

S'agissant des importations chinoises de fil de coton, les volumes se sont élevés à 139 105 t sur le mois de juin, en baisse de 7%. Parmi les fournisseurs africains figurent en bonne place l’Éthiopie (128 t en juin et 731 t depuis janvier en hausse 12%, la Tanzanie (121 t en juin et 1 375 t depuis janvier en baisse de 36%). Il y a aussi l’Ile Maurice avec 178 t depuis janvier, l’Égypte avec 43 t sur les 6 premiers mois et le Soudan avec 16 t sur cette même période. Enfin, notons que depuis janvier, l'Algérie a acheté 510 t de coton à la Chine.

 C'est l'Inde qui, depuis le début de l'année, est le second rang fournisseur de la Chine en coton avec 86 632 t (+64%). Ceci dit, l'Inde n'a vendu que 1 693 t sur le seul mois de juin à son voisin chinois, des ventes en chute de 70% par rapport à juin 2016.

Seul 5% du coton camerounais est transformé localement. A l’origine de ce problème, souligne  une étude de la Banque mondiale et la coopération allemande au Cameroun intitulée «analyse de la filière textile habillement au Cameroun», l’absence d’une filière intégrée coton-textile-habillement», qui est «extrêmement préjudiciable à l’économie du pays.  Cette tendance se justifie également  par l’absence d’une politique d’industrialisation du pays  dont les habitants dépendent de l’étranger pour s’habiller.  A part la Chine,  la Hollande est l’autre pays destinataire de production locale de coton laquelle représente 90 à 95% du chiffre d’affaire de la Sodecoton.  Une entreprise exposée aux risques de dérèglements climatiques, la volatilité des prix du coton, la faiblesse des cours du coton sur le marché international, le coût élevé des intrants, les délestages récurrents qui perturbent le bon fonctionnement des usines et installations en plein temps.

A noter qu’au Cameroun,  la filière souffre d’énormes problèmes notamment les zones de production (Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua), qui sont très éloignées des sites de commercialisation créés par la Société à capitaux publics. Les routes y menant nécessitent un matériel roulant pour rapprocher les producteurs du marché surtout en saison des pluies.

Christian Happi

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