Produits halieutiques

 

Près d’1 milliard FCFA pour accroitre la production locale des poissons

 

Cette enveloppe permettra de réduire les importations  qui se chiffrent à 100 milliard par an d’après le Minepia.

 

La production du poisson domestique sur le marché  local demeure sous-approvisionnée. Selon les chiffres du ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales(Minepia), la demande annuelle locale en produits halieutiques est d’environ 400.000 tonnes tandis que la production issue de la pêche et de l’aquaculture n’est que d’environ 180.000 tonnes. Pour satisfaire cette demande, près d’1 milliard FCFA ont été mis à la disponibilité de la Mission de développement de la pêche artisanale maritime (Midepecam) pour accroitre la production locale des poissons. C’est du moins ce qui ressort de la 23e session ordinaire du conseil d'administration de la Midepecam présidé la semaine dernière par Dr. Taiga, ministre en charge des Pêches.

 Le montant alloué à cette structure permettra sans doute de booster cette activité en proie à de nombreuses difficultés. En effet, depuis quelques temps, la filière de la pêche et de l’aquaculture connaît de constantes pénuries malgré son fort potentiel (le pays dispose de quatre milliards d’hectares d’eau disponibles). Un problème  dû au fait que la production locale n’entre pas dans le circuit conventionnel de commercialisation ; aux  changements climatiques, la demande sans cesse croissante, le développement des techniques et des technologies de pêche parfois inappropriées.

A ces obstacles,  il  faut ajouter  l’exploitation abusive des ressources opérée par les pêcheurs étrangers à l’exemple des Béninois, Ghanéens, Maliens, Nigérians ; la pêche illicite effectuée par des Indopakistanais, et surtout des Chinois sur les eaux territoriales nationales.  Preuve en est, un bateau chinois a été condamné en juin dernier, à payer une amende de 400 millions de FCFA au trésor public pour activité illégale.

L’on constate  également que se sont  les Maliens, Nigérians ou encore Ghanéens qui s’intéressent beaucoup plus à la pêche au pays. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a mis en place un programme pour relancer la filière locale et des opérateurs privés qui se lancent de plus en plus dans la pisciculture pour élever des espèces comme le tilapia. Au niveau de l’aquaculture, les producteurs évoquent le manque de moyens financiers pour investir dans ce secteur.

 Rappelons que la Midepecam a pour mission de contribuer de manière substantielle à l'augmentation des captures issues de la pêche artisanale. Créée en 1977, la structure est chargée d'aider les pêcheurs-artisans, à travers la fourniture et l'entretien du matériel de pêche, d'améliorer le circuit de distribution des captures de la pêche artisanale et de la formation des pêcheurs, le développement de la pêche semi-industrielle. «Les défis qui vous interpellent se résument en la production massive des produits halieutiques pour assurer non seulement la couverture des besoins alimentaires des populations camerounaises, des industries locales, mais aussi la conquête des marchés sous régionaux et internationaux. Je vous exhorte à mettre l'accent sur un appui déterminant à l'émergence et à la vulgarisation rapide et efficace d'une aquaculture commerciale, pour résoudre rapidement la problématique de l'augmentation des ressources halieutiques sans mettre en danger la biomasse», déclare le Dr. Taïga. Cette structure est présente à Kribi,  Edéa et Mouanko dans la Sanaga Maritime, à Douala dans le Wouri, à Limbé dans le Fako, à Bamusso dans le Ndian.

 Christian Happi

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