Électricité

 

Ce qui fait courir les multinationales au Cameroun

 

Le  pays constitue d’après plusieurs études, le deuxième potentiel énergétique de l’Afrique au vu de ses sources d’énergie propres ; un potentiel hydroélectrique est évalué à 23000MW…

 

Les unes après les autres, les multinationales étrangères  courent derrière le potentiel énergétique du Cameroun depuis plusieurs années. En tête, Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), donc les actionnaires sont Électricité de France (EDF), l'État du Cameroun et la Société financière internationale. Déjà le 10 juillet 2014, le groupe français  signait  un protocole d’accord lui permettant non seulement de conduire la construction du projet hydroélectrique de Nachtigal mais aussi produire et transporter l’énergie qui sera produite par cette infrastructure. C’est toujours le géant français de l’électricité qui, en avril dernier,  avait paraphé avec Basile Atangana Kouna, ministre de l’Eau et de l’Énergie une convention de concession de production avec NHPC pour une durée de 35 ans.   L’entreprise doit  en effet procéder à l’aménagement du barrage de Nachtigal Amont (420 MW) pour un coût estimé à plus de 1 milliard d’euros, soit un peu plus de 655 milliards de FCFA avec comme principal bailleur de fonds IFC (groupe Banque mondiale). Les travaux devraient débuter en juillet 2018 et livrer les premiers kilowatts dès 2021.

 Bien avant cet accord, le marocain Platinum Power  faisait les yeux doux à l’État du Cameroun puisqu'elle s’est entendu avec Eneo Cameroon S.A. pour conclure un contrat d’achat de l’électricité du projet Makay (350 MW). Lequel doit être lancé en 2018 pour fournir de l’électricité cinq ans plus tard.  Cependant il faudra,  à cette filiale du capital-investisseur américain Brookstone lever 1 milliard de dollars si elle  compte mener à bien le projet. Lequel intègre le barrage de régulation de Deido, le Nyong, sur lequel il sera bâti, en étant pour le moment dépourvu. «Nous avons discuté d’un ensemble de projets avec le président, sur lesquels nous travaillons au Cameroun, et particulièrement dans les domaines de l’énergie, la santé, le transport ; ainsi que ce que nous pouvons faire pour accroître nos investissements dans votre pays », a confié Jay Ireland, le président Afrique de General Electric au sortir d’une audience au palais de l’Unité le 30 juin 2017.

Entreprise de joint-venture constituée par des investisseurs camerounais et norvégiens, Grenor S.A. a également su séduire le gouvernment par ses idées. C'est pourquoi elle va construire dans la ville d’Edéa, une centrale électrique d’une capacité de production de 150 à 300 MW. Grenor SA investira 109 milliards de FCFA dans cette infrastructure énergétique, soit plus de 60% de l’enveloppe globale de 160 milliards de FCFA, qui sera investie dans l’ensemble des six projets ayant fait l’objet de la signature de conventions avec le gouvernement camerounais le 17 septembre 2015. La convention liant l’entreprise avec le gouvernement camerounais fut signée le 17 septembre 2015 à Yaoundé.

 L’assaut des grandes entreprises internationales vers le Cameroun est tout sauf un hasard. Le  pays constitue d’après plusieurs études, le deuxième potentiel énergétique de l’Afrique au vu de ses sources d’énergie propres. Son potentiel hydroélectrique est évalué à 23000MW (utilisé aujourd’hui à près de 5%); dans la région Nord-Cameroun, son potentiel solaire dévoile des proportions toutes aussi insolentes que l’hydraulique. bien que peu développé aujourd’hui au Cameroun, éolien, solaire, biomasse représentent 1% de la production nationale en énergie.

 Christian Happi

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