Mobile Money

 

 MTN Cameroun réfute les accusations de la BEAC

 

L’opérateur télécoms affirme agir selon la réglementation en vigueur et ne pas être un concurrent aux banques classiques mais plutôt un partenaire.

 

 Attaqué dans une correspondance de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC),   qui l’accuse  d’être « en réalité les véritables émetteurs de monnaie électronique, en assureraient la gestion et procéderaient à des transferts à l’international » hors de la zone Cemac, la filiale locale de l’opérateur télécoms sud-africain MTN International, a tenu  jeudi  06 juillet 2017, à remettre les choses dans leur contexte. «  Nous ne sommes pas  des concurrents pour les banques mais des partenaires ; l’argent qui circule  par MTN Mobile Money  appartient à notre partenaire bancaire la banque camerounaise Afriland First Bank », a battu en brèche Melvin Akam, Senior Manager Corporate Affairs chez MTN Cameroon, précisant que « MTN n’émet pas de cash ». «  Nous sommes des partenaires techniques des établissements de crédits  et le distributeur électronique d’Afriland First Bank ; on ne fait rien sans l’accord de notre banque partenaire. C’est elle qui nous donne son autorisation »,  ajoute Caroline Ekwalla, Senior Manager Compliance.

 

En  effet, les responsables de l’opérateur de téléphonie mobile se disent  surpris. Premièrement,  parce que pour faire du paiement mobile  il faut entrer en partenariat avec une banque classique  installés sur le territoire d’un État membre de la Cemac ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés.  C’est le cas de notre concurrent qui  s’est associé à la Banque Internationale du Cameroun pour l'Epargne et le Crédit(BICEC). Deuxièmement,  parce qu’en Afrique Central, les opérateurs télécoms ne peuvent avoir pour le moment  la licence d’émetteur monnaie électronique.

Aussi, en raison du fait que  le Mobile Banking  favorise non seulement la bancarisation mais aussi fait entrer l’argent informel vers le formel. «  On a l’impression que certaines personnes veulent tuer le Mobile Money qui est un outil essentiel de notre quotidien. Je paye depuis 2012 mes factures d’électricité à distance, ce qui n’était pas possible il y a 10 ans ; c’est une évolution et bientôt on va distribuer les journaux en ligne grâce au téléphone mobile », a expliqué Melvin Akam. Jean George Mbede, Senior Manager  Mobile Money de conclure : «  Nous contribuons à la bancarisation de l’Afrique Centrale par l’inclusion financière » qui est une politique encouragée par les autorités publiques.

 

 Suites  aux accusations du régulateur d’assurer la gestion des transferts à l’international hors Cemac, MTN Cameroon  conteste. Il affirme qu’il n’est pas possible d’envoyer de l’argent vers  d’autres pays en Afrique  sans s’appuyer sur service Web et une application mobile. Raison pour laquelle un partenariat a été noué avec Wolrd Remit  pour permettre à la diaspora d’envoyer des fonds depuis l’étranger vers un compte MTN Mobile Money au Cameroun.  Du coup, lorsque accuse la compagnie de blanchiment d’argent « cela ne correspond pas à la réalité. On a tous les éléments de traçabilité ; la personne qui reçoit les fonds est connue puisqu’on s’est associé à la société technologique MFS Africa, spécialisée dans le développement de services à valeur ajoutée innovants pour les portefeuilles mobiles », tranche  Caroline Ekwalla.

 En attendant que les choses reviennent dans l’ordre, l’opérateur a arrêté son activité de transfert d’argent dans les pays de zone UMOA et entré en contact avec la BEAC pour lever tout équivoque.

 

 Christian Happi

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