Recherche scientifique

 

Des fibres du manioc pour remplacer le maïs dans la nutrition des poulets de chairs

 

C’est l’aboutissement des  recherches effectués conjointement par l’université de Dschang et le Centre d’incubation  pilote de la Chambre de commerce.

 

En 2016, la Chambre de commerce, d'industrie, des mines et de l'artisanat(Ccima) du Cameroun annonçait dans le cadre  des activités  de son Centre d’incubation  pilote(CIP) de Bonabèri dans la ville de Douala, la signature  d’une convention de partenariat avec la Faculté d’agronomie et des sciences agricoles (FASA). C'est une école sous tutelle de l’université de Dschang. Un an plus tard, l'association entre les deux institutions commence à porter ses premiers fruits. En effet, des travaux de recherches effectués conjointement par la FASA, dans la région de l’Ouest, et le CIP de la Ccima viennent de permettre de mettre au point, un complément alimentaire à base de fibre de manioc. Il  permettra de remplacer le maïs dans la fabrication de la provende pour l’alimentation des poulets de chair. « Il vient d’être établi que les fibres de manioc, plus disponibles et moins chères, vont désormais substituer jusqu’à 75% de maïs dans l’aliment des poulets de chair, ceci sans détériorer les paramètres hématologiques, sérologiques et les performances de croissance du poulet de chair. Sur le plan qualitatif, les résultats obtenus sont comparables avec ceux obtenus à base du maïs », nous explique une source à la chambre consulaire.

 Avec cette nouvelle trouvaille, il est révolu le temps où l’on se torturait les méninges pour savoir quel sort réserver aux fibres issues de la transformation du manioc qui s’amoncelaient au CIP au terme des processus de production. Mieux, ce complément alimentaire constitue une véritable révolution pour l’évolution du secteur de l’aviculture, notamment  dans les pays d’Afrique au sud du Sahara où il permettra de faire des économies, compte tenu de son abondance.

Selon les experts, l’alimentation représente 60 à 70 % des coûts de production de la volaille et le maïs, principale source d’énergie, participe pour 60 à 70 % du poids de l’aliment. Pourtant, l’approvisionnement en cette denrée pose régulièrement des problèmes, étant donné que les industries agro-alimentaires sont en perpétuelle concurrence avec les aviculteurs pour se le procurer.

Il convient de rappeler que trois conventions de partenariat ont été signées il y a quelques temps entre la Ccima et  les universités de Dschang, Maroua et celle de Ngaoundéré.   Ces signatures, intervenues au cours de  la première session ordinaire de l'Assemblée plénière de la Ccima,  vont permettre à l’institution consulaire dans le cadre  de ses activités  de son Centre d’incubation  pilote, de développer  avec  l’université de Dschang  des programmes spécifiques pour la valorisation des fibres et déchets du manioc dans le but de substituer ceux-ci au maïs destiné à l’alimentation des poulets de chair, des lapins et des porcs. « Ces travaux font l’objet de cinq publications scientifiques  conjointes cofinancées par les deux institutions », a précisé la Chambre de commerce.  Concernant  la convention avec l’université de Ngaoundéré (ENSAI),  elle a pour but de substituer la farine de blé par celle de manioc dans la fabrication du pain  et pâtisserie.  L’autre partenariat, c’est celui signé  il y a quelque temps et le patronat des industriels Tunisiens. Il permet aux étudiants  camerounais d’effectuer dans les universités et les entreprises  privées tunisiennes  des stages de fin d’étude dans les domaines.

Christian Happi

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