Malnutrition

 

Environ 32% de la population  camerounaise en souffre

 

L’Est  fait partie des régions les plus affectées avec 35,8% des enfants de moins de 5 ans qui ont un retard de croissance.

 

La malnutrition  fait des ravages. Si à travers le monde, on évalue à 3 voire 5 millions  le nombre d’enfants de moins de 5 ans décédés  imputables à la malnutrition, la situation est encore plus critique au Cameroun. Environ 32% de la population souffre de malnutrition chronique, dont 13% de façon sévère, nous fait savoir l’Institut Nestlé nutrition Afrique dans un communiqué diffusé la semaine dernière. Selon elle, les régions de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et Extrême-Nord sont les plus affectées.

A l’Est 21,1% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’une insuffisance pondérale, et 35,8% ont un retard de croissance. Le retard de croissance et l’insuffisance pondérale sont des formes de malnutrition susceptibles d’affecter l’état de santé de l’enfant jusqu’à l’âge adulte. « L’alimentation de l’enfant en bas âge est importante parce qu’elle construit son avenir. Dans notre région, je reçois des parents en détresse du fait de l’état de santé de leur enfant. En moyenne, nous recevons une dizaine d’enfants souffrant de malnutrition sévère chaque mois. La pauvreté ambiante, le faible niveau de connaissances nutritionnelles et la disponibilité des ressources sont les raisons principales que les parents nous donnent pour se justifier. Cette formation vient à point nommé pour nous permettre d’améliorer la prise en charge des cas que nous enregistrons », a confié Houmpotou Fagni Ladyfatou, responsable du centre nutritionnel thérapeutique infantile à l’hôpital régional de Bertoua.

Elle prenait part à Bertoua, à un atelier de formation des formateurs en gestion de la malnutrition infantile.  Cette initiative de formation des formateurs s’inscrit à la suite d’autres initiatives pilotées par l’Institut à travers le continent, en vue d’améliorer la qualité des soins et la santé du couple mère-enfant, avec un accent particulier sur la période des 1000 premiers jours de vie, qui va de la conception à l’âge de 2 ans.

Organisée par l’Institut Nestlé nutrition Afrique, en partenariat avec le ministère de la Santé publique, cette formation s’est déroulé les 9 et 10 mai dans le but de renforcer les capacités des professionnels de la santé, (pédiatres, médecin-généralistes, personnel infirmier et sages-femmes).  L’atelier de formation des formateurs  avait aussi pour objectif, donner des outils aux professionnels de la santé de la région de l’Est pour faire face aux principaux problèmes de santé inhérents à la malnutrition, tels que rencontrés dans leur pratique quotidienne en milieu pédiatrique. Il a permis de renforcer leurs capacités à réduire les indicateurs de malnutrition aiguë et sévère dans la région de l’Est. Après Bertoua, des formations similaires seront organisées pour les professionnels de santé des régions de l’Adamaoua, du Nord, et de l’Extrême-Nord.

«Notre région est, avec les régions septentrionales, parmi les plus touchées par la malnutrition, et notre rôle en tant que professionnels de santé est de faire reculer ce fléau. Nous félicitons l’Institut Nestlé Nutrition car la mise en application des enseignements appris au cours de cet atelier de formation de deux jours sauvera des vies, contribuera à la réduction du taux de mortalité infantile, et donnera de meilleures chances à des centaines d’enfants dans notre environnement, de mener une vie meilleure » a déclaré Dr. Robert Mathurin Bidjang, Délégué régional de la santé de l’Est.

Christian Happi

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