Banane

 

Le Cameroun devrait atteindre 500 000 t d'export d'ici 2022

 

Ce volume représentera une part du marché européen qui est actuellement de plus de 6 millions de tonnes.

 

Sur le marché de la banane,  l’avenir s’annonce prometteur à la fois en terme de prix mais surtout en terme de volumes pour les pays africains. Par exemple, la production bananière du Cameroun devrait atteindre 500 000 tonnes(t) d'export d'ici 3 à 5 ans, (soit au plus tard en 2022),  a récemment déclaré Denis Loeillet, responsable de l'Observatoire des marchés du Cirad-Persyst, à l'occasion de la publication du rapport Cyclope 2017 sur les marchés mondiaux des commodités. Le 31e rapport annuel Cyclope est rédigé par 60 spécialistes des matières premières est sous-titré « vent d'Est, vent d'Ouest ».

Si on ajoute le Ghana avec  50 000 à 100 000 t, on sera dans les 5 prochaines années, à plus d'un million de tonnes de ces pays. Ceci représentera une part très importante du marché européen qui est actuellement de plus de 6 millions de tonnes ; la Côte d'Ivoire, qui fait un peu plus de 300 000 t par an, va passer  à plus de 500 000 t exportées dans les 3 à 5 prochaines années.  Le premier pays producteur de cacao dans le monde est depuis 2016 le premier pays africain exportateur de banane, devant le Cameroun (Il vendu plus de 296 000 t  sur le marché international  en 2016, NDLR). La filière, avec six opérateurs, réalise un chiffre d’affaires de FCFA 100 milliards dont 80 à 85% en devises. « Les perspectives africaines sont très bonnes en termes de volumes car on commence à réellement ressentir, depuis la fin de l'année 2016, les extensions de plantations et les investissements pour de nouvelles plantations. On le ressent sur le marché européen. Certes, l'idée est aussi de profiter d'un développement et d'une demande croissante en Afrique, mais il faut noter que tous les nouveaux projets sont orientés, d'abord et avant tout,  vers l'exportation, vers l'UE notamment et un petit peu aussi vers le Maghreb », a ajouté Denis Loeillet.

De façon générale, le marché mondial a progressé avec une bonne tendance en termes de demande en 2016. Le marché européen a grimpé de 4 à 5%, avec une banane qui reste le produit le moins cher du rayon fruits et légumes et de très loin. Deuxièmement,  expliquent les observateurs du marché, le rattrapage des nouveaux Etats membres de l'Union européenne (UE) -Roumanie, Hongrie, etc.- qui ont des niveaux de consommation moyens de l'ordre de 4 à 6 kg par habitant et par an, alors que la moyenne européenne est à 12 kg. Localement, la banane est le troisième produit d’exportation du Cameroun derrière le pétrole qui représente plus de 40% des exportations totales du pays, et le bois en grumes ou scié, qui représente environ 15% de l’ensemble des exportations. Son marché de la banane à l'export est majoritairement contrôlé par trois entreprises : La société des plantations du haut Penja (PHP)  qui gère une surface en production de près de 3 000 hectares, la  Cameroon  Development  Cooperation (CDC) l'une des toutes premières entreprises camerounaises et la société Boh plantations limited (BPL). La PHP demeure  la plus grosse entreprise exportatrice Avec  plus 171 000 t de ce fruit exporté l’an dernier,  contre 132 354 tonnes  entre janvier et octobre 2015. En mars 2016, la société dirigée par Armel François et par ailleurs, président par intérim du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) avait atteint le pic de ses ventes avec  18 160  tonnes de bananes marchandées contre 13 901  durant la même période en 2015.

 

 Christian Happi

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