Assainissement

Ces entreprises qui investissent dans la protection de l’environnement

 

 Nestlé, SABC, Guinness…plusieurs sociétés  camerounaises  se sont engagées dans des démarches de développement durable lesquelles leur permettent de réduire l’impact de leurs activités sur la nature.

La journée mondiale de l’environnement se célèbre le 5 juin prochain sous le thème « Rapprocher les gens de la nature ». Si au Cameroun, cette  journée passe parfois sans grand bruit, elle ne doit pas occulter les actions des entreprises qui s'engagent dans des démarches de développement durable.    En Afrique Centrale particulièrement au Cameroun, la filiale du groupe agroalimentaire suisse a  installé une station de traitement de l’eau et d’épuration des effluents pour filtrer les eaux usées produites par ses activités. Ce qui a permis à l’entreprise de réduire de 5% sa consommation d’eau et d’ouvrir un point de distribution d’eau potable « gratuite » aux populations riveraines. Lesquelles populations bénéficient d’environ 5 000 litres d’eau par jour. « L’initiative de Nestlé  répond à un besoin essentiel des populations dans notre quartier, qui marchaient sur plusieurs kilomètres pour trouver un point d’eau potable, et devaient même payer de l’argent pour s’approvisionner », déclarait Alphonse Ngansop, Chef de bloc d’une communauté voisine à la société.

 

A Bilonguè, les bouteilles en plastique usagées  qui  recouvraient entièrement le drain  traversant le quartier ont disparu. Ceci grâce à la campagne  plastic Recup Holiday de la Société anonyme des brasseries du Cameroun(SABC). Cette initiative, qui n’est pas la première organisée par le leader du marché brassicole au Cameroun, a permis aux brasseries et à son partenaire  la société Hysacam de collecter du 25 au 28 juillet 2016 plus de deux millions de bouteilles en plastique issus des usines de la SABC et de sa filiale, la société des eaux minérales du Cameroun (SEMC). Le projet «Plastic Récup» vise à respecter la réglementation en vigueur en matière de protection de l’environnement, notamment un arrêté gouvernemental d’octobre 2012, simultanément signé par les ministres de l’Environnement et son homologue du Commerce. Ce texte stipule que «chaque fabricant ou distributeur des emballages non biodégradables mette en place un système de consigne pour faciliter la récupération desdits emballages, en vue de leur recyclage, valorisation ou élimination».

Guinness Cameroun S.A. a également crée un service de gestion de l'environnement; de la santé et des risques. Un centre d'information spécialisé répond par ailleurs aux questions des membres du personnel et des visiteurs. L'entreprise brassicole s'est aussi dotée depuis d'un dispositif de montage d'une station d'épuration. "Nous avions acquis au départ un terrain au voisinage de l'usine pour installer la station, mais nous sommes restés bloqués par les difficultés d'obtention d'un titre de propriété. Aujourd'hui, nous avons trouvé la solution de l'installer sur un site aménagé dans notre usine", explique-t-on au service environnemental.

 

 Pas toujours bien outillées pour les traiter leurs déchets, certaines entreprises  confient la gestion de leurs déchets (huiles usées, déchets d'hydrocarbures ou médicaux, batteries, etc.) à des sociétés privées (Nettoycam, Bocam, Bocom) spécialisées dans l'enlèvement, l'incinération et le recyclage. « Les déchets aujourd'hui récupérés et traités par ces sociétés étaient par le passé déversés dans la nature », faisait remarquer Jean Jérôme Owona, alors chef du bureau de l'information à la délégation régionale du ministère de l'Environnement pour la province du Littoral.

 

Christian Happi

Didier Yimkoua

 

L’Ecologiste apprécie les efforts faits par les entreprises pour préserver l’environnement de leurs déchets.

 

« Douala est très polluée à cause des effluents gazeux non traités »

Comment appréciez-vous les efforts faits jusqu'à présent par les entreprises pour préserver l’environnement à l’exemple du programme plastic Recup Holiday  de la SABC qui collecte les déchets en plastique dans la nature ?

 

SABC, Nestlé et autres ont l’obligation de respecter les exigences contenues dans leur plan de gestion environnemental et social au cas où ils ont réalisés respectivement chacun l’audit environnemental pour ce qui est de la gestion écologique des divers effluents que génèrent leurs activités respectives. Si SABC et d’autres fabricants des eaux minérales respectaient ces mesures, on ne trouverait pas un emballage dans les cours d’eau et des caniveaux par conséquent le projet plastiC recup qui est au demeurant bien pensé est un fiasco total tout simplement parce que les consommateurs ont été exclus de sa conception. Le principe de participation n’a pas été respecté par le promoteur.

Pour ce qui est de Nestlé avec le traitement des eaux, ce n’est pas une faveur qu’il fait à la protection de l’environnement. Il respecte juste la loi N°98-005 du 14 avril 1998 portant régime de l’eau et ses multiples décrets d’application singulièrement le décret N°2005/3008/PM du 29 aout 2005 précisant les règles d’assiette, de recouvrement et de contrôle de la taxe d’assainissement (T.A) et de la redevance de prélèvement des eaux (R.P.E). Ce traitement doit se faire conformément à la règlementation en vigueur sous le contrôle des administrations en charge de l’eau et de l’environnement et les bulletins d’analyses de ces eaux avant et après le traitement  doivent être publiés.

 

Pourquoi certaines sociétés hésitent à respecter les exigences écologiques?

 

Les promoteurs d’établissements classés dangereux incommodes ou insalubres  rechignent à respecter les exigences écologiques et environnementales non parce qu’ils ne sont pas informés, plus  pour deux raisons fondamentales : le traitement des effluents coûtent chers et les dispositions légales existantes et qui doivent motiver les promoteurs  qui sont dans cette dynamique, tardent à être appliquées. Conscientes du coût élevé de traitement des effluents gazeux, liquides et solides, les institutions publiques adoptent la tolérance administrative vis-à-vis des promoteurs au grand dam de la santé publique et de la santé environnementale. La collecte des déchets particulièrement les déchets solides est une filière qui drainent assez de ressources. Elle est aujourd’hui monopolisée par les maliens et les nigériens. L’administration en charge de l’environnement laborieusement régule le secteur à travers les permis environnementaux exigibles aux collecteurs et recycleurs. Le coût de l’obtention de ce permis est prohibitif aux petits collecteurs. Ces derniers travaillent dans la clandestinité par conséquent fausse les données escomptées par les manifestes de traçabilité feuille de route des déchets portant les informations sur le lieu de collecte, le circuit du transport et le mode de traitement.

Le transfert de compétence aux CTE en matière de  contrôler le mouvement des déchets industriels dans les communes est un début de solution malheureusement le décret relatif à cet effet reste inopérant depuis deux ans.

La politique de valorisation des déchets solides industriels qui sont  des ressources et un élément central de l’économie circulaire. Celle-ci doit faire l’objet de recherche et de développement au sein des établissements classés. Ceux-ci très top doivent saisir l’occasion que leur offre la plateforme virtuelle producteurs-recycleurs.

Les promoteurs des établissements classés dangereux incommodes ou insalubres doivent faire preuve de solidarité vis-à-vis de leurs consommateurs. Les villes comme Douala sont très polluées à cause des rejets dans l’atmosphère des effluents gazeux non traités exposant les populations aux infections respiratoires et oculaires et des déversements des effluents liquides dans les caniveaux qui exaltent les mauvaises odeurs en longueur de la journée. La recherche du profit ne devrait pas les aveugler les capitaines d’industries à ignorer la santé des consommateurs et celle de l’environnement.

Propos recueillis par C.H.

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