Vente de détail

  « Le made in Chine » divise grossistes chinois et détaillants camerounais

 Les commerçants camerounais se plaignent de leurs homologues de l’Asie  de  qui procéderaient à la vente discriminatoire des marchandises importées de la Chine.

Alors qu'on les attend plutôt dans le commerce de gros, les ressortissants chinois installés dans la ville de Douala se livrent depuis quelques années à la vente de détail des chaussures  en multipliant des boutiques à Akwa où plusieurs immeubles font désormais office des centres commerciaux.  Mais ce qui devient aujourd'hui insupportable est  ces asiatiques qui jouent avec les stocks en cachant des cartons de marchandise et ne laissant aucune possibilité d’exclusivité aux détaillants. Pis,  témoignent des détaillants approchés, la communauté chinoise procède aux ventes discriminatoires au préjudice des commerçants camerounais.  Des informations difficiles à vérifier d’autant que les Chinois se sont montrés réfractaires  à toute réaction.

Cette situation, dans la pratique, se matérialise  par le refus systématique des commerçants grossistes chinois  de vendre à leurs homologues camerounais les marchandises  qu’ils importent de leur pays.  Bien même, témoigne un commerçant, lorsqu’un importateur chinois accepte de vendre son produits  à un Camerounais, il se rassure qu’il n’est pas de meilleure qualité. Conséquence,  manque de recettes, incapacité de rembourser à temps les crédits, perte son capital à cause de la mauvaise qualité des produits achetés aux chinois…

Devant cette situation hautement préjudiciable à l’économie nationale et aux intérêts des commerçants nationaux, Alice Maguedjio, présidente du Syndicat des commerçants détaillants du Wouri (Sycodew)  a promis aux plaignants de faire bouger les lignes tout en leur rappelant  qu’ils n’ont pas le droit de descendre dans la rue. « Le malaise est tellement profond que nous ne pouvons pas nous amuser ; nous allons solliciter des séances de travail avec ceux-là qui incarnent les lois pour qu’ils nous mettent autour d’une même la table avec les représentants des populations asiatiques»,  a-t-elle rassuré. «  C’est un problème qui perdure depuis fort longtemps. Cette situation nous asphyxie ; il s’agit de faire des revendications dans la légalité sans faire des manifestations ni du désordre. Nous volons appeler à l’intervention du syndicat afin que des solutions idoines soient trouvées pour sauver des milliers d’emplois menacés », ajoute Jacques  confiance Mohoue, président l’Association des commerçants du marché d’Akwa secteur chinois et environ( Ascodech).

A la sortie d’une séance de travail organisée hier mercredi  03 mai 2017 à Douala en présence des membres de l’Ascodech, hommes et femmes ont dit en toute sincérité ce qu’ils avaient sous le cœur. Dans une pétition dont l’objet est requête pour intervention Akwa Chinois,  ils se plaignent également d’une autre pratique qui consiste à réduire de manière drastique l’octroi de visas aux commerçants camerounais désireux de se rendre en Chine pour des achats. «  A l’ambassade, on nous dit d’aller acheter nos marchandises auprès des ressortissants chinois ; qu’il ne sait à rien de voyager pour la Chine », témoigne un marchand sous couvert anonyme.

Les plaintes  des commerçants détaillant concernent aussi l’établissement des factures après achat. Selon les plaignants, le problème c’est que les chinois y mentionnent que rarement nom (ou dénomination sociale) et adresse de l’entreprise qui facture, forme juridique, etc. A cela s’ajoute  le fait que les jeunes camerounais qui travaillent dans leurs boutiques payés un salaire de misère (30 000 FCFA/mois) pour un travail pénible et quotidien.

 Christian Happi

Activités

Quand la Chinois déploie ses tentacules

Au-delà du commerce, l’empire du milieu  s’est investi  avec succès dans plusieurs autres  domaines  notamment les produits forestiers.

Grossistes, demi-grossistes et détaillants. L’immense majorité des ressortissants chinois installés au Cameroun ont pour activité le commerce. A  Douala par exemple, plus précisément au lieu-dit « la Douche municipale » et ses environs,  on rencontre de plus en plus de Chinois dont les boutiques se trouvent partout. C’est le même constat au marché Congo où plusieurs immeubles sont devenus des cités commerciales chinoises. Ici et là, les visiteurs ont l’embarras du choix face aux multiples modèles de chaussures : ballerines, babouches homme, femme et enfant ; des escarpins, des collants, des pantalons slims, des tailles basses ou encore des hauts moulants. Le tout agrémenté des sacs les plus en vogue.

Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, les commerçants camerounais  n’ont pas toujours vu d’un mauvais œil la présence de l’empire du milieu en territoire national. D’autant que ces Chinois  grappillent leur part de marché en vendant à vil prix des grandes marques contrefaites telles Samsung, Nokia ou Huawei, Nike, Adidas, Timberland.

Au-delà du commerce, le peuple mandarin s’investit  également dans les produits forestiers du Cameroun. Les investissements chinois dans le secteur ont augmenté de façon exponentielle et d’importantes quantités de bois et produits non ligneux sont exportées vers la Chine et d’autres pays asiatiques. La Chine a importé 55% du bois issu du Cameroun, sur la période allant de 2004 à 2012, suivi du Vietnam et de l’Italie d’après le rapport de l’ONG Traffic de mars 2017. Concernant les jeux du hasard,   l’Etat communiste investit depuis quelques temps dans des machines à sous qui permettent aux potentiels joueurs d’avoir des pièces de 100 FCFA pour actionner un jeu.  Dans la construction, de nombreuses infrastructures sanitaires ont été construites au Cameroun parmi lesquelles les hôpitaux gynéco-obstétrique et pédiatriques de Douala et Yaoundé. La Chine assure par ailleurs la maintenance des équipements et le suivi médical via une équipe de médecins Chinois dont certains à Yaoundé et Guider (ville du Nord Cameroun). Dans le cadre du renforcement de cette coopération, le diplomate chinois a  le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire du Cameroun a signé en 2016 à Beijing des accords de coopération d’un montant 278, 79 milliards de FCFA.

 C.H.

 

 

 

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