Source de financement

Tension de trésorerie dans les caisses d’Eneo Cameroon

Cette situation  est liée en partie,  d’après Joël Nana Kontchou Directeur général, au fait que la société à tout financé sur ses fonds propres.

Mauvaise passe pour Eneo Cameroon.  Le concessionnaire du service public de l’électricité connait une tension dans sa trésorerie au point que  c’est  l'argent  encaissé dans les agences qui soutient aujourd’hui toutes ses opérations. Cette situation  est  simplement  liée au fait que la société a tout financé sur ses fonds propres, a-t-on appris  dans le  discours de son Joël Nana Kontchou Directeur général disponible sur le site internet de l’entreprise. L’allocution a été prononcée à l’endroit  des employés, partenaires sociaux et représentants des syndicats des travailleurs d’Eneo  à l’occasion de la Journée internationale du travail célébrée le 1er mai dernier. « Un problème de cash-flow n’est pas une crise. C’est comme une fièvre ponctuelle due à une surchauffe du corps humain. Nos discussions avec le gouvernement ont abouti sur la façon la plus efficace dont l’État pourrait payer ses factures d’électricité », tente de rassurer  le DG.

Toujours avec le gouvernement,  apprend-on, les discussions sur l’extension de la concession sont à leur ultime étape et on aperçoit déjà le bout du tunnel. Mais en attendant que toutes ces démarches aboutissent, le concessionnaire a été contraint de prendre des mesures pour gérer avec plus de rigueur le cash disponible. « Je commence à voir les nuages se dissiper. Sans augmentation de tarifs, sans les financements attendus des bailleurs de fonds et malgré plus de 30 milliards d’impayés, nous avons pu rembourser notre dette et assurer un fonctionnement harmonieux de notre entreprise », souligne Joël Nana Kontchou.

 Sur un tout autre plan, la modernisation et la transformation de l’entreprise sont en marche. L’on peut citer par exemple le programme de sécurisation des accès des  sites dont l’implémentation mettra  Eneo au niveau des standards internationaux. Dématérialiser le pointage et la gestion de la présence sur le lieu de travail est une façon de réduire la subjectivité et les erreurs humaines.  S’agissant de la rétrocession des 5% du capital au personnel,  Eneo doit être la première entreprise locale à réussir une opération de cette envergure.  Car,  nous renseigne le discours du DG, son  schéma de transfert s’est fait en accord avec les syndicats et chaque employé d’Eneo doit profiter de cette opportunité unique pour renforcer la préparation de sa retraite. « Nous sommes dans la phase finale pour un bouclage de cette opération à la fin du mois de mai 2017 », promet Joël Nana Kontchou.

 Au sujet  des ressources humaines, ces deux dernières années ont permis à Eneo de recruter plus de 500 jeunes dont 90 ingénieurs et cadres commerciaux.  Du coup, la moyenne d’âge du personnel  de l’entreprise a  baissé passant de 45 à 43 ans. De même, un budget a été accordé aux régions pour améliorer directement et par elles même les conditions de travail.  Il faut dire qu’il  y a deux ans, le concessionnaire était « comme un malade en réanimation ». Aujourd’hui, Eneo est entrée en phase de rééducation. Une évolution due à des initiatives courageuses permettant d’enregistrer moins d’anomalies et  le changement de méthodes de travail mené par l’entreprise. « C’est comme cela que nous devons réagir face à nos problèmes. La même démarche vient d’être engagée pour les problèmes de la distribution. Et nous allons inverser la tendance actuelle. Les problèmes sont connus et nous y travaillons. Je suis ravi des progrès que nous avons réalisés sur les branchements ; avec des délais de 4 jours en moyenne dans les villes comme Kribi et Douala, contre 16 jours avant », poursuit le patron d’Eneo.

 Christian Happi

 

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