Produits aquacoles

Le Cameroun veut limiter ses importations  d’ici 2020

 

Cette orientation gouvernementale qui vise à réduire les importations des produits aquacoles, rentre dans le cadre du plan  d’action stratégique  de la commission régionale  des pêches du Golfe de Guinée.

 

100 milliards de FCFA. C’est la somme que débourse le Cameroun chaque année  pour satisfaire la demande nationale en produits halieutiques. Il y a plus grave. Seulement 0,1% de la production nationale, provient de l’aquaculture sur les 176 000 tonnes de poissons produits au pays tous les ans. Pour inverser la donne, le Premier ministre Philémon Yang a demandé ministre de l’Élevage, des pêches et des industries animales (Minepia), d’élaborer une stratégie de réduction des importations des produits aquacoles, à l’horizon 2020. Cette orientation gouvernementale rentre dans le cadre du plan  d’action stratégique  de la commission régionale  des pêches du Golfe de Guinée.

Selon le Minepia, qui a pris part au conseil de cabinet tenu le mercredi 26 avril 2017 sous la présidence de Philémon Yang,  plusieurs initiatives en faveur du  développement  des filières de l’élevage, de l’aquaculture et des industries animales  sont en  voie de matérialisation.  Elles  traduisent par différentes innovations institutionnelles,  techniques, technologiques et infrastructurelles.  Dans le domaine de l’aquaculture,  divers projets d’encadrement et de formation des acteurs  sont mis en œuvre  avec l’appui des partenaires au développement  et la collaboration de l’institut des sciences halieutiques de Yabassi et du Limbe nautical arts and fisheries institute. Il s’agit, si l’on s’en tient au communiqué  de Séraphin Magloire Fouda, le Secrétaire général des services  du premier ministre, notamment du projet  de promotion de l’entrepreneuriat aquacole  qui cible près de 300 jeunes et femmes porteurs  de projets  économiquement rentables et créateurs d’emplois. Le gouvernement  fonde aussi beaucoup d’espoir sur le projet  d’appui au développement  de l’élevage du Tilapia  en cage. Ce projet, doté d’une enveloppe de près de 300 millions de FCFA, consiste en la production locale des alevins afin d’approvisionner les aquaculteurs du pays.

A propos des industries animales, le Dr. Taiga a relevé  que les actions menées dans l’intérêt  du développement de la filière  bovine ont consisté en  la construction  de l’abattoir industriel  de Ngaoundéré et de quatre entrepôts frigorifiques  dans le cadre  du plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique. Il s’agit en outre, de l’équipement de 108 abattoirs à estampilles sanitaires sécurisées ; l’acquisition d’unités mobiles  d’abattage et de la distribution de camions isothermes aux communautés urbaines. D’autres projets sont en gestation pour soutenir les filières de l’élevage, de l’aquaculture et des industries animales à l’instar  du projet  de développement  des chaines de valeurs de l’élevage et de la pisciculture ou du projet de commercialisation des bétails  et des infrastructures de l’élevage.

 A côté de ces projets, l’État camerounais multiplie des agropoles de production de poissons depuis au moins deux ans. Les deux derniers en date sont ceux inaugurés le mois d’avril dernier dans les localités de Ngoulémakong (située dans la région du Sud) et de Limbe, où il est attendu une production de plus de 1000 tonnes de poissons par an sur le court terme. Le but étant de porter la production aquacole du pays à 100 000 tonnes de poissons par an, contre un peu plus de 1000 tonnes présentement, sur une production nationale officiellement estimée à environ 176 000 tonnes.

 Christian Happi

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