Déficit énergétique

 

Vers la fin des coupures intempestives de l’énergie électrique?

 

Les récents accords signés entre le Cameroun et ses différents partenaires laissent croire cette possibilité puisqu’ils visent  à couvrir la demande nationale dans un proche avenir. 

S’achemine-t-on vers la fin des coupures intempestives de l’énergie électrique?   La série de contrats passée ces dernières années dans le secteur de l'énergie laisse présager ce scénario. Le plus récent  des accords  a été conclu le13 avril 2017 à Yaoundé entre l’Etat du Cameroun, Platinum Power et Eneo Cameroon sur les termes de références du projet Makay de 350 MW et du contrat d’achat d’électricité. Le complexe hydroélectrique  contribuera au renforcement de l’offre énergétique et fournir au Cameroun une électricité propre, fiable et renouvelable. Le contrat est d’environ 600 milliards de FCFA.

 Bien avant l’accord de  jeudi dernier,  le concessionnaire public de l’énergie électrique avait signé le 16 décembre 2016 un contrat d’achat d’électricité avec IED Invest Cameroun. Par cette convention, Eneo Cameroon s’engage à acheter auprès de l’entreprise suscitée, l’énergie produite dans la mini-centrale hydro-électrique de Mbakaou. L’ambition étant de parvenir à l’électrification de plus de 1500 nouveaux ménages dans la Région de l’Adamaoua.  L’infrastructure entre en fonction à compter du troisième trimestre 2018 et sera alors dotée d’une puissance de 1,4 MW pour une production annuelle moyenne de 10,9 GWh. Au mois de novembre 2016, la Banque mondiale et la Sonatrel avaient signé un accord de financement, de l’ordre de 190 milliards de FCFA, destinés à la construction de lignes de transport dans les régions du Centre, de l’Est, du Littoral et de l’Ouest pour la période 2016-2022.

Aux  différents accords passés il faut ajouter le Plan directeur d’électrification rurale (PDER)  qui prévoit à l’horizon 2035, l’électrification des 10 000 localités n’ayant pas encore accès à l’électricité. Soit  la réalisation en milieu rural de 50 000 branchements par an sur une période de 20 ans pour un coût global estimé à 805 milliards de FCFA. En même temps,  Eneo  a l’intention de construire deux centrales solaires qui doivent générer chacune 10 MW. Ces centrales,  basées à Guider dans la région du Nord,  viendront renforcer les capacités de production du Réseau interconnecté Nord (RIN) à compter du premier trimestre 2018.

 Conscient qu’il faut davantage augmenter et booster l’offre énergétique au Cameroun, les autorités ont créée en octobre 2015, la Sonatrel avec pour mission d’assurer le transport d’électricité. Elles ont aussi lancé le chantier de construction de plusieurs barrages électrique : centrale à gaz de Kribi, centrale à fioul lourd de la Dibamba, barrages de Lom Pangar, Memve’ele et Mékin. « Le barrage doit réguler le débit du fleuve Sanaga pour qu’il soit supérieur à 1 000 mètres cubes par seconde, ce qui représente 170 MW de puissance hydraulique à très court terme. Grâce à la régulation du Sanaga, nous allons pouvoir construire une dizaine de barrages en aval, qui porteront son potentiel énergétique à 6 000 MW. Lom Pangar sera terminé d’ici la fin de l’année. L’usine de pied ouvrira en 2018 et on estime que le barrage sera au maximum de ses capacités fin 2018 », confiait  Théodore Nsangou, directeur de l’entreprise publique EDC lors d’un entretien accordé  à Le Monde Afrique en ligne.

 A part ces infrastructures,  l’État incite les entreprises privées à investir  dans le secteur de l’électricité à travers Invest’Elec. Le projet  a déjà  permis de former non seulement près de 200 PME, d’inventorier près de 300 sites soulignait Jean-Pierre Kedi, Directeur général de l’Arsel.

 Christian Happi

 Énergie électrique

 Une demande qui peine à satisfaire les besoins des populations

 

La conséquence de  cette insuffisance est  les coupures intempestives du courant électrique qui affectent négativement,  le bon fonctionnement des entreprises en causant notamment le déficit de production.

 

Le Cameroun peine à satisfaire les besoins en énergie des populations malgré les différents efforts consentis dans ce sens. Le défi demeure entier. Aujourd’hui, le déficit de production est de l’ordre de 300 MW, la demande croît entre 8 % et 10 % par an  et    le taux d’électrification de 40 %. C’est  qui trop faible quand on se compare à des pays d’Afrique du Nord comme la Tunisie, où l’électrification rurale atteint plus de 90 %.  A ce sombre tableau, s’ajoute à peu près à 1,2 million poteaux  au Cameroun mais  avec 350 000 poteaux pourris selon les statistiques publiées en  2015 des responsables d’Eneo Cameroon.

La conséquence de toute ces insuffisances ce sont  les coupures intempestives du courant électrique persistent ce qui affectent négativement,  le bon fonctionnement des entreprises notamment en causant la destruction du matériel de production, le déficit de production, les problèmes de trésorerie et les retards dans l’exécution des commandes. Pour faire face aux délestages, certaines  sociétés ce sont  dotées de groupes électrogènes ; d’autres telles que les Brasseries du Cameroun, Guinness Cameroon, Chococam, Cicam, Eneo Cameroon, etc. recourent au  gaz naturel  fourni par  l’usine de traitement de Logbaba-Ndogpassi. Les coupures de courant, le plus souvent en pleine nuit,   obligent  les populations des quartiers affectés à utiliser les lampes à batteries, les lampes électriques  et les lampes à pétrole.

De même, les élèves en classe d’examen, recourent à d’autres moyens  pour réviser leurs leçons. «  J’ai vécu un calvaire la semaine dernière lors du baccalauréat ;  je me couchais chaque soir sans réviser à cause des délestages à répétition »,  se plaint  Aboubakar., candidat. Dans les localités rurales, le taux au Cameroun se situe aujourd’hui autour de 18%. C’est pourquoi  le gouvernement à travers  la phase II du projet d’électrification rurale compte électrifier 102 localités dans les Régions de l’Adamaoua, du Centre, du Nord, de l’Ouest et du Sud, pour un coût global de 28,1 millions d’euros, soit environ 18,34 milliards de FCFA. Le financement de la BID est de 18,6 millions d’euros, soit 12,2 milliards de FCFA et 73 millions d’euros de prêt concessionnel correspondant à 4,788 milliards de FCFA. La contribution de L’État est de 1,352 milliards de FCFA.

 C.H.

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