Vente des voitures neuves

 Les concessionnaires enregistrent une croissance de 10% en 2016

Ceci s’explique par le sous-développement chronique du parc automobile national qui ne reflète pas la force et le niveau de l’économie.

Actuellement, tout concourt  a freiné  la vente des voitures neuves au Cameroun : Baisse du train de vie de l’État de l’ordre de 8,27% en 2016, réduction des cours du baril du pétrole et des minerais…  Conséquence, sur l’année écoulée, il y  a seulement eu une croissance de près de 10% chez les concessionnaires. Ceci s’explique par le sous-développement chronique du parc automobile qui ne reflète pas la force et le niveau de notre économie apprend-on de source bien informée. « Je n’ai pas les statistiques exactes de tout le marché car comme vous le savez, personne ne prend en compte les véhicules neufs qui viennent du Bénin en passant par le Nigeria », affirme  le Pr. Christian Patrick Kouam Dzukou, Directeur général d’Autohaus S.A., concessionnaire de la marque automobile allemande Volkswagen au Cameroun.

 Si la vente des  véhicules neufs fait marche arrière, c’est  à cause  des problèmes d’ordre structurel. Il y a des leviers à bouger pour que le marché camerounais de l’automobile atteigne sa taille normale estime à 7500 véhicules neufs par an au lieu de 2500 actuellement. Le mauvais climat  est l’autre frein qui empêche les  distributeurs de commercialiser plus de voitures. Il se traduit  par le manque de confiance et le non-paiement des factures.  « C’est l’une des raisons qui bloquent les investisseurs allemands à investir chez nous », lâche opérateur économique camerounais.

6+

Au pays, les immatriculations de voitures neuves ne décollent pas également à cause du taux de douanes entre véhicules neufs et ceux d’occasion. Il  n’est pas assez « dissuasif » pour les véhicules du segment 3 (plus de 7 ans) estiment les analystes, ajoutant qu’en plus de ne plus respecter les normes de sécurité,  les véhicules d’occasion sont de grands dangers pour la santé publique avec des émissions massive d’oxyde d’azote, cancérogène.  Que faire donc ? Le gouvernement, pour éviter carrément une sortie de route, devrait réduire le taux de douane et de TVA pour les voitures de petites cylindrées-moins 1500 cm3-, conseille le Pr. Christian Patrick Kouam. « Ce qui permettrait de vendre des véhicules à moins de 10 millions et de rajeunir considérablement notre parc automobile.  Et pour compenser cette perte de recettes publiques, on pourrait augmenter les taxes sur les véhicules de luxe -plus de 3000 cm3- qui polluent plus et nuisent plus à la santé », conclut l’expert.

 Au contraire du Cameroun, les autres zones sont en pleine croissance. Les gens achètent plus de véhicules  neufs dans les pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et même le Gabon.  Autre illustration c’est  l’implantation massive d’usines automobiles, d’abord dans le Maghreb et maintenant en Afrique orientale (Kenya) et australe. « Chez nous, ce n’est pas encore le cas et on doit y arriver. Le phénomène des vieux taxis est mauvais pour l’image que notre pays donne à ses nombreux visiteurs et pour la santé et la sécurité des populations », commente un acteur du secteur. Le nombre de voitures neuves vendues au niveau mondial, sans les camions et autres poids lourds, atteint 80 millions d’unités. Soit  une progression de 2,5% par rapport à 2015. Cette croissance est portée par la Chine qui à elle seule absorbe près de 20 millions de véhicules.

 Christian Happi

Distribution

La vente des véhicules neufs en marche arrière en Afrique

 

Tractafric prévoit des coupes de 10 % et plus dans ses filiales alors que CFAO, réduit des marges en partenariat avec les constructeurs pour lutter contre la concurrence.

 

2016 n'aura pas été une bonne année pour les ventes de voitures en Afrique. Et ce ne sont pas CFAO et Tractafric Motors qui le démentiront. Les deux distributeurs ont enregistré une baisse significative de leurs ventes selon article paru dans la version numérique de Jeune Afrique. Il en est de même pour la filiale de TTC (Toyota Tsusho Corporation), qui pèse environ 40 % des 19 marchés africains où elle représente la marque Toyota. Selon  Emmanuel Miette, directeur général adjoint de Tractafric Motors, la Côte d’Ivoire, premier marché d’Afrique de l’Ouest (hors Nigeria), est touchée par le ralentissement du marché automobile. « Certains marchés, comme la Gambie ou la Sierra Leone, où il ne se vend parfois que cinq voitures par an, sont difficiles à rentabiliser », ajoute-t-il.

Les ventes de camions font elles aussi des soucis. En Guinée, pour illustrer, Tractafric reconnait que le marché est saturé après plusieurs années d’importants achats pour équiper tous les projets de cimenterie .

6+

« Sur notre zone, les ventes de véhicules industriels reculent de 15 % à 20 %. C’est un peu moins que celles des voitures, qui, sur certains marchés, accusent jusqu’à 30 % de baisse », constate Emmanuel Miette. Néanmoins,  nous révèle JA, grâce à leur large présence (dans 22 pays pour Tractafric et 31 pour CFAO au sud du Sahara) et à la variété des marques qu’ils représentent, les leaders de la distribution absorbent plus facilement le choc que les groupes indépendants.

Face à la contre-performance, les concessionnaires préparent des plans d’économies. Tractafric prévoit des coupes de 10 % et plus dans ses filiales.  Du côté de CFAO, l’on a entamé depuis trois ans, un travail de réduction des marges en partenariat avec les constructeurs pour lutter contre la concurrence des importations illégales.  Le distributeur a aussi évolué sa stratégie en misant sur les classes moyennes, notamment avec la gamme indienne de la marque japonaise Suzuki. « Auparavant, notre modèle était tourné vers les professionnels. Aujourd’hui, si nous voulons augmenter notre potentiel de croissance, nous ne pouvons plus ignorer les classes moyennes », juge Marc Ferreol, directeur général de la zone Afrique de l'Ouest.

C.H.

 

 

 

Retour à l'accueil