Protection de l’espace économique

 

Menace sur l’élaboration des normes en 2017

 

 Le budget de l’Anor dont l’une des missions est l’élaboration et l’homologation des normes a baissé de 20%, passant de 5,8 milliards à l’exercice 2016 à 4, 6 milliards  de FCFA  cette année.

 

Avec l’entrée en vigueur de l’Accord de partenariat économique (APE) le 04 août 2016 au Cameroun, tous les experts  s’accordaient  à dire  qu’il faut davantage de  normes pour protéger « le made in Cameroon ». Mais malheureusement  ce vœu pourrait  mettre plus de temps à se réaliser  puisque l'Agence des normes et de la qualité (Anor) dont l’une des missions est l’élaboration et l’homologation des normes  a vu son budget 2017 baisser de 20%. Il s’équilibre en recettes et emplois à la somme de 4, 6 milliards  de FCFA contre  5,8 milliards à l’exercice 2016, constate l’Anor sur son site web.

Plusieurs facteurs expliquent cette coupe budgétaire  au premier rang desquels quelques difficultés économiques dues à la forte dépendance de l’ANOR aux caisses publiques. Il est donc aujourd'hui  question pour l’ANOR, a dit Mohamadou Bayero Fadil PCA, de créer des activités susceptibles de la rendre plus autonome afin  qu’elle remplisse au mieux  ses missions de gardien de la qualité et des normes au Cameroun.

 A la vérité,   on se serait attendu dès la mise en œuvre l'accord de libre-échange avec l'Union européenne que l’établissement public accélère  l’élaboration des normes en particulier celle  relative  aux matériels électriques (câbles d’alimentation électrique principale, embouts de câblage à collerette isolante, ampoules de chantier) dont la mauvaise qualité  serait à l’origine  des incendies répétitifs dans les marchés  du Cameroun. La baisse du budget 2017 pourrait également porter un coup aux différents projets de l’agence qui était  élaboré 1750 normes camerounaises en décembre 2014, avec un objectif affiché de 5000 normes d’ici à 2018.  « Je précise que ça n’est pas le nombre des normes qui fait la compétitivité d’une économie, mais plutôt l’adéquation des normes disponibles avec les besoins réels et ciblés d’une économie en quête de performance » s’exprimait Charles Booto à Ngon, Directeur général de l’Agence des normes en avril dernier en prélude à la tenue de la troisième édition de la Senaq 2016.

L’Anor s’est également engagé à certifier au moins 100 entreprises  à l’horizon 2020, à doter l’Afrique Centrale de l’unique Laboratoire de référence de métrologie en cours de construction.  Avec ce joyau architectural, l’industrie locale va réaliser des économies en ce sens que les entreprises locales n’auront plus à effectuer leurs opérations de calibrage à l’étranger, et la qualité et les volumes affichés par leurs produits bénéficieront de la reconnaissance mutuelle des autres pays.

 Même si contexte de morosité économique, l’Anor va  au cours de cette année,  mettre un accent sur ses missions fondamentales: l’élaboration, l’homologation et la promotion des normes. A  cet effet, des campagnes de promotion et de vulgarisation des normes élaborées sont envisagées au cours de cette année. Dans le même sillage,  des  catalogues  des normes élaborées seront rendus publics et l’agence de Douala officiellement inaugurée courant janvier 2017. Les autres antennes suivront  notamment celle de Garoua point névralgique  d’entrée des marchandises en provenance du Nigeria.

 Christian Happi

Assainissement du marché

 L’urgence de faire respecter les normes

Cet impératif vient du fait que la  violation sans cesse  des normes peut être un danger pour la santé et la sécurité des consommateurs.

Il est urgent que l'Agence des normes et de la qualité (Anor), ainsi que les organisations non gouvernementales qui militent pour la protection des consommateurs,  de rappeler aux industriels et importateurs le respect des normes rendues d’application obligatoire.  Cet impératif vient du fait que la  violation sans cesse  des normes peut être un danger pour la santé et la sécurité des consommateurs. Ce fut le cas d’une dame qui avait eu la peau brûlée suite à l’usage de cosmétiques contrefaits. Mais le drame le plus parlant est l'effondrement, en août 2010, d'un immeuble de cinq niveaux au quartier Elig-Essono à Yaoundé ou encore l’affaissement d’un autre immeuble causant des morts, quelques jours plus tôt, au quartier Nkoldongo. Conséquence, les normes des fers à béton, pourtant d'application obligatoire, qui ne sont pas toujours respectées sur le marché camerounais.

Par ailleurs, suite à une descente d’agents du ministère en charge des pêches au port de pêche  le 19 juin 2013, six filets à large ouverture (entre 20 et 25 mètres) avaient été saisis par des éléments de la délégation départementale du pour le Wouri. Les pièces saisies avaient « un maillage étroit, non conforme à la réglementation », avait confié un cadre de ce ministère à l'époque des faits. L’on se souvient aussi, en 2015, de la controverse  née de l’huile de soja de marque « Jadida » importée par la société Coppeq et qui ne respectait pas la norme en vigueur au Cameroun.

Fléau de portée nationale, le non respect des normes a conduit sur le marché  la présence des marchandises impropres à la consommation. Conséquence, une centaine de produits sur  une liste de 1500  (agro-alimentaire, boissons gazeuses,  sucre,  biscuits,  textiles métallurgie,  cahiers) « made in Cameroon » et à peu près 300 entreprises répertoriées  dans 12 secteurs  d’activités sont en ce moment menacées de fermetures du fait de ces aliments.

Aujourd’hui, 1750 normes sont disponibles. Elles sont pour la plupart des adaptations ou des adoptions à l’identique des normes internationales. Cette harmonisation technique permet à ceux qui appliquent ces normes d’arriver à une production de qualité conforme aux exigences des marchés occidentaux. De même, l’application des normes dans l’agriculture favorise le développement en permettant de répondre aux exigences des consommateurs et du marché : Elle propose des guides de bonne pratique en hygiène de denrées alimentaires.

 C.H.

 

 

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