Inflation

 

Les prix à la consommation finale des ménages haussent de 1, 1%

 

D’après les explications fournies par l’INS, l’augmentation observée ces mois est la conséquence de la flambée des prix des boissons alcoolisées et tabacs  de 5,4% et autres produits.

 

Le 31 décembre,  tous les Camerounais vont fêter le passage à la nouvelle année.  Mais  il faut dire qu’elle  celle qui s’achève dans quelques jours n'a pas été facile surtout  les neufs premiers mois marqués par une hausse des prix à la consommation finale des ménages. Elle était de 1,1%   contre 3,0% à la même période de l’année 2015 selon  la dernière note de synthèse publiée ce lundi 12 décembre 2016 par l’Institut national de la statistique (INS).  En moyenne sur les douze derniers mois, l’augmentation est de 1,2%, soit près de deux points (1,7) en moins comparativement au niveau d’il y a un an. Dans l’ensemble, les prix à la consommation ont augmenté dans toutes les villes au cours de cette période à l’exception de Maroua. La plus forte hausse des prix a été enregistrée  à Buea (2,1%). Elle est suivie de Bafoussam (1,8%), Ngaoundéré (1,6%), Bamenda (1,3%), Yaoundé (1,3%) et Douala (1,1%).  A  l’inverse de ces villes, les prix ont reculé de 0,8% à Maroua « sans doute du fait de la faible demande provenant du Nigéria », constate l’INS.

D’après les explications fournies par l’institut, la hausse observée au cours de ces mois est la conséquence de la flambée des prix des boissons alcoolisées et tabacs (5,4%). des services de restaurants et hôtels (4,1%) et les produits alimentaires et boissons non alcoolisées (1,7%), favorisés  par le renchérissement des prix des produits fruitiers (13,4%), des légumes (8,0%), des laits et produits laitiers et œufs et ceux des huiles et graisses (1,0%). La hausse est de 0,4% sur les prix des poissons et fruits de mer alors que les prix des viandes et ceux des céréales ont respectivement reculé de 2,1% et de 1,2% au cours des douze derniers mois. S’agissant des fruits,  leurs coûts surtout ceux des agrumes  ont augmenté de 13,1% et autres fruits frais (13,1%). Il s’agit particulièrement du citron (30%), du corossol (20%) et de l’avocat tendre (20%). Les prix des légumes ont crû de 8,0% au cours des douze derniers mois. Ceci s’explique par la hausse de prix des féculents (13,9%) et des prix des légumes transformés (6,0%) en général, notamment ceux de la patate douce (24%), du macabo (16%), de la banane fraiche non mûre (13%), des ignames (12%), de la banane plantain (11%), des pommes de terre (10%) et du manioc déshydraté en cossette (7%).

 

 De même que  les fruits et autres produits alimentaires,  les prix des huiles et graisses se sont accrus de 1,0% à cause d’une hausse de 2,3% des prix de l’huile de palme brute du fait de l’enclavement des zones de production rendant l’approvisionnement difficile en saison de pluie. Les prix des sucres, confitures, miel et chocolat ont  eux- elles aussi augmenté de 0,6% ; hausse tirée par les prix du chocolat et du miel.  La hausse est de 0,4% pour ce qui est des prix des poissons alors que les prix des poissons congelés et ceux des poissons frais ont respectivement reculé de 2,2% et 1,0%.  Cette tendance baissière est également constatée  sur les prix des pains et céréales  qui se sont effrités de 1,2%, résultant « de la chute des prix du maïs (-9%) et de la hausse de 11% du prix du mil. Malgré la ré fiscalisation des droits de douanes sur les importations de riz à partir de janvier 2016, le prix du kilogramme du riz tend à se stabiliser », commentent les techniciens de l’INS.

 

Christian Happi

 

Boissons alcoolisées et tabacs  grimpent de 5,4%

 

Les sociétés brassicoles  ont ainsi répercuté  l’augmentation des droits d’assise sur les boissons alcoolisées introduites dans la loi de finance 2015.

 

Au cours de ces douze derniers mois, les prix des boissons alcoolisées, tabacs et ceux des services de restaurants et hôtels ont enregistré des hausses respectives de 5,4% et 4,1%. Par contre, pour les prix des transports, les tensions observées il y a un an avec la révision à la hausse de 15% des prix à la pompe des carburants à compter du 1er juillet 2014 se sont estompés. Il en est de même pour le prix des produits pétroliers  qui ont enregistré une baisse le 1er janvier 2016, le litre de l’essence super passant de 650 FCFA à 630 FCFA et celui du gasoil de 600 FCFA à 575 FCFA.

 

Selon l’Institut national de la statistique (INS), l’inflation a été seulement d’origine interne.  En effet, sur les douze derniers mois par exemple,  les prix des biens locaux ont augmenté  de 1,8% alors que ceux des biens importés ont fléchi de 0,3%. Cette situation s’explique par une offre insuffisante des produits frais. « Les conditions climatiques observées au premier semestre 2016 n’ayant pas été favorables à la montaison des cultures. La saison sèche a été très longue et a impacté négativement les récoltes des cultures de contre saison »,  analyse l’INS dans sa note de synthèse publiée ce lundi 12 décembre 2016.

Les biens et services du secteur primaire, concernant le secteur de production, présentent les plus fortes variations de prix (2,3%) tandis que les prix des biens du secteur tertiaire ont crû de 1,3%. Ces différentes hausses se justifient par la progression de 3,4% des prix des produits frais et  les prix des services de restaurants et hôtels. En contre partie, le taux d’inflation en 2016 pourrait dès lors se situer légèrement en deçà de 2% d’autant plus que, « malgré la levée de l’exonération des taxes à l’importation du riz, qui est subordonnée depuis janvier 2016 au paiement préalable des taxes douanières au taux de 5% de la valeur de la marchandise ». Et aussi que les prix à la consommation finale des ménages ont enregistré une hausse de 1,1% au cours des neufs premiers mois de l’année. L’autre bonne perspective est la baisse de l’insécurité dans les régions de l’Extrême-Nord et de l’Est. Elle  s’est fait ressentir avec la baisse en glissement de l’inflation à Maroua et la quasi-stabilité des prix à Bertoua. Quoique, le choc enregistré au niveau de la filière avicole risque d’engendrer de fortes inflations pendant les fêtes de fin d’année.

 C.H.

 

 

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