Consommation des ménagers

 

 Les coûts et surcoûts des produits alimentaires sur les marchés

 

 

Ce changement de prix  varie d’un  marché à un autre et d’une marchandise à une autre ; tout est fonction de la marque.

 

7h30 le jeudi 8 décembre 2016. Le marché  Central de Douala fourmille de monde malgré la chaleur étouffante.  La circulation au sein de cet espace marchand est quasi impossible depuis la station-service qui s’y trouve à l’intérieur du marché à cause de la foule  qui croit au fil du temps. Derrières les  comptoirs, des commerçants vantent leurs produits alors que  les vendeurs à la sauvette assaillissent les allées pour aguicher  les passants. Ils crient du plus fort possible  pour se faire attendre. D’autres, plus  imaginatifs, utilisent un haut-parleur pour attirer la clientèle des jouets : «  L’argent n’est rien ; venez me tromper ; le père noël est là ».

Un peu plus reculé de là, le commerce des vêtements et autres accessoires s’agite. Des  habits, chaussures, des sacs à mains, des soutiens gorge, babouches pour dames, mèches et même des slips venus tout droit de l’empire du milieu font foule.  Deux pas plus loin,  c’est le marché des produits de grande consommation. Des macaronis, des boîtes de sardine, de tomate… sont déversés à même le sol. Certains d’entre eux connaissent déjà une légère augmentation de prix à quelques jours des fêtes de fin d’années comparativement au précédent mois. Ce changement de prix  varie d’un  lieu à un autre et d’une marchandise à une autre. 

 

A Madagascar dans la commune de Douala 3ème,  marché réputé pour ses produits à bas coûts,  le prix du kilogramme de maquereaux, une varié de poisson très prisée, est passé de 1000 FCFA à 1100 FCFA contre 1200 voire 1250 FCFA  dans les poissonneries du marché  Central de Douala.  Mais les clients les moins nantis  peuvent les acheter auprès des détaillants  à  un prix  un peu plus bas ; compris entre 500 FCFA et 1000 FCFA le tas de trois poissons. «  Ne soignez pas surpris d’une nouvelle hausse  ce prix d’ici le 24 décembre prochain », a prévenu une commerçante à un client qui s’alarmait. «  Les autorités camerounaises doivent être plus regardant sur les prix des marchandises en période de fête de fin d’année. Des commerçants véreux font de la surenchère. L’an dernier,  j’ai payé le double pour un produit qui était même déjà périmé », confesse Xavier N., consommateur.

En ce qui concerne les poissons tels que les « bars français » et les bars brésiliens leurs prix ont quelque peu connu un léger changement depuis le mois d’octobre. Le prix du kilo est respectivement vendu à  1300 FCFA et 1200 FCFA sur les étals du marché Madagascar et Central.  S’agissant des maquereaux vulgairement appelé « Oya-oya »,  bars Corvina ainsi que des bars anglais,   leurs prix sont restés instables depuis plusieurs semaines. Les  ménages peuvent s’en procurer  à  1000, 1250 FCFA   et 1350 FCFA le kg. C’est aussi la quasi- stabilité pour les pâtes alimentaires (400 FCFA pour la marque Broli), l’huile rouge (800  le litre au marché Centrale contre 750 FCFA au marché Madagascar) et  huile végétale (1100 1150 francs le litre de Mayor,  1500 FCFA pour Diamaor), le  paquet du sucre en morceaux (750 alors la boite du sucre en poudre vaut 225 FCFA).  Ils se vendent  en ce qui le concerne la viande de bœuf avec ou sans os, à 2400 et 2800 au marché central   contre 2500 et 3000 FCFA chez les commerçants du marché Madagascar. 

 Si de nombreux produits ont vu leurs prix augmenté ou restés stables, d’autres comme le piment, les poivrons et les carottes ont chuté grâce à l’abondance.  Un gros tas de piments se vend  maintenant à 250 FCFA et   le tas de trois poivrons coûtent 50 FCFA. Pareil pour le riz dont le prix varie en fonction de la marque. Le  kg du riz « Gino » se vend à 1100 FCFA. 

Christian Happi

 Martin Mbakop Mbintkeu

« D'énormes quantités de riz seront importées pour éviter la pénurie»

 

  Le Chef de bureau du suivi de l’encadrement des commerçants et des consommateurs à la délégation régionale du ministère du Commerce du Littoral énumère les dispositions prises pour éviter la pénurie et la spéculation des prix de grande consommation.

 Martin Mbakop Mbintkeu, cadre  à la délégation régionale du Commerce( crédit photo: Christian Happi)

Martin Mbakop Mbintkeu, cadre à la délégation régionale du Commerce( crédit photo: Christian Happi)

 Quelles sont les mesures prises à la délégation régionale du ministère du Commerce du Littoral pour éviter la pénurie des produits de premières nécessités  en cette période de fêtes de fin d’année ?

 

Le service de  la promotion du suivi  des activités commerciales organise  généralement en prélude aux fêtes de fin d’année,  des vastes campagnes promotionnelles (sur  les sites de la sous-préfecture de Douala 2è, l’esplanade de la délégation régionale du ministère du Commerce à Akwa…) et des caravanes itinérantes  de vente de produits de premières nécessités à bas coûts ; disponibles aux populations. Mais avant cela,  entre novembre et  début décembre, nous avons tenue des réunions de concertation  qui visent à connaître le pouls  du marché, à connaître des velléités spéculatives qu’on peut déceler et à connaître la disponibilité des stocks. Elles nous donnent le pouls ou déceler  des  éventuels problèmes  notamment des difficultés à l’approvisionnement. Les opérateurs économiques des filières : riz,  sucre, sel, farine, savon,  huile de table, huile végétale  étaient présents à ces rencontres. Ils nous  ont rassuré  sur la disponibilité de leurs stocks et donné les perspectives par rapport  aux fêtes de fin d’année.   A la suite de ces concertions, nous établissons un programme élargi avec nos différents partenaires qui nous accompagnent dans les caravanes itinérantes chaque semaine dans les marchés.  A ces actions,  se greffe la  Mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation (Mirap) qui organise des marchés forains. Ils ont débuté  depuis le 07 décembre dans les quartiers comme Texaco, Tradex-Village, Ange Raphael, Elf, etc. Nous accompagnons également le marché de noël  qui va bientôt commencer  et le mini comice agropastoral qui est prévu au club Camtel  Bépanda du 19 au 23 décembre.

 

Les consommateurs peuvent donc être rassurés qu’il n’y aura pas de pénurie pendant la fête noël   et le réveillon de la Saint Sylvestre ?

 

Au regard des mesures qui ont été prises et des réunions de concertation,  nous avons eu l’assurance parfaite des opérateurs  économiques qu’il n’y a pas de problème de pénurie. Les stocks  du sucre et autres produits sont disponibles,  les quantités énormes de riz seront importées. Maintenant pour ce qui concerne la brigade régionale, des équipes vont sillonner  les marchés pour  une surveillance générale des marchés afin  d’attester de la disponibilité des produits, de l’affichage systématique des prix et déceler quelques  commerçants véreux qui n’accompagnent pas toujours les mesures prises en amont. Ils ne font qu’à leur tête.

 

Qu’en est-il du gaz domestique  en particulier de SCTM qui a connu un sérieux problème de pénurie tout récemment ?

 

Ce gaz est bel et bien disponible dans les artères  de la région du Littoral ; nous avons même accompagné des ventes ici sur place.On n’a pour le moment, pas entendu des plaintes  par rapport à une pénurie quelconque depuis la tripartite entre le ministre du Commerce et une banque de la place. Celle-ci a accepté d’accompagner STCM dans l’épongement de sa dette envers Tradex car le gaz SCTM qui avait connu une chute vertigineuse de production n’était pas disponible.

Propos recueillis par C.H.

 

 

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