Climat des affaires

 

La faible attractivité du pays pénalise la création des richesses

 

l’environnement des affaires demeure peu attrayant au Cameroun.  En dépit des réformes entreprises à l’instar de l’introduction du paiement électronique au niveau de la CNPS, 

 

« Tous les efforts du gouvernement pour faciliter l’essor économique ne pourront porter des fruits sans une amélioration du climat des affaires ». Ces propos de Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international en visite  officielle au Cameroun en janvier dernier,  témoigne  l’éternel problème de l’amélioration des affaires. En effet, en dépit des réformes entreprises comme l’introduction du paiement électronique au niveau de la CNPS, la finalisation des études sur l’harmonisation des coûts des actes d’urbanisme,  l’environnement des affaires demeure peu attrayant. Les conséquences de cette morosité sont, ces dernières années, principalement la baisse  du nombre de sociétés de transformation. Près de 47 ont fermé les portes entre 1990 et 2013  avait révélé Edouard Ebah Abada, Secrétaire général du ministère  en charge de l’Industrie (Minmidt), dans son exposé  au diner-débat du Gicam, mardi 11 novembre 2015 à Douala.  Pis, environ  de 300  entreprises répertoriées  dans 12 secteurs  d’activités   sont menacées  de fermeture  à cause de l’importation des produits ne respectant pas les normes camerounaises, indiquait un cadre  de l’ANOR  à la 3ème  édition de la Semaine nationale de la qualité.

 

Du recensement des entreprises réalisé par l’Institut nationale de la statistique en 2009, l’on apprend que sur 94 000 entreprises recensées, seulement 13% exerçait à titre principal une activité de transformation.  Autre conséquence, les statistiques issues de la comptabilité nationale révèlent que la  part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB du Cameroun s’inscrit à la baisse, passant de 19,3% en 2000 à 16,7% en 2010. La seconde  répercussion  de la faible attractivité  du Cameroun est le déficit commercial courant qui continue  de se creuser. Il a diminué légèrement en 2015, passant de 7,5% à 7% du PIB mais devrait se situer pour la fin de cette année  autour de 737 milliards de FCFA selon les prévisions du Comité technique national de la balance des paiements. Les flux nets financiers devraient quant à eux passer de 1226,4 milliards en 2015 à 1215,2 milliards de FCFA en 2016.

 

La création des richesses est d’autant plus fragilisée par la forte tendance à exporter la matière première. A preuve, les exportations du Cameroun en 2015 atteignent 2400 milliards de FCFA  soit une baisse de 6,2 % par rapport à 2014 selon les Douanes.  Les produits  agricoles  et  de métaux  les plus exportés sont  entre autres le cacao  brut (19%), de bois (12%), de coton (4%) et d’aluminium (3%).

 

 S’agissant des produits importés continue de gagner du terrain, ils continuent de gagner du terrain malgré la volonté affichée par les pouvoirs publics. Illustration avec le marché local   dominé à 41% par les produits manufacturiers venant d’Asie, d’Europe, d’Afrique du Nord et du Nigéria. Bref,  le pays est un véritable dépotoir des pâtes alimentaires importées avec une centaine de marques  dont la majorité ne  prend pas en compte la réglementation en vigueur  décriait Cyrille  Djofang, DGA de la Pasta S.A.  Pendant ce temps, les produits manufacturiers locaux représentent moins de 5% des produits vendus et se limitent à quelques produits dont les exportations. « Le diagnostic permet de dire qu’il y a une faible structuration sectorielle, un accompagnement limité des entreprise locales, et des normes internationales rudes qui rendent l’industrie nationale peu compétitive », a mentionné Emmanuel Wafo, Directeur général de Mit Chimie.

Christian Happi

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