Tension sociale

Malaise autour de la construction du  nouveau marché Ndogpassi

 

Les commerçants, principaux bénéficiaires de la future infrastructure,  accusent  le  Gic-Ascovemn de violer les termes de la convention de partenariat public-privé signée le 20 mars 2015 avec la commune de Douala 3è.

 

Chez les commerçants du marché Ndogpassi,  sis dans l’arrondissement  de Douala 3è, c’est le malaise depuis le lancement du chantier de construction du nouveau marché. Au lieu de faire l’unanimité, l’ouvrage  qui devrait en principe sortir  ses occupants de la précarité, crée plutôt  des dissensions entre les différentes parties-prenantes. Les marchands, principaux bénéficiaires,  accusent  le  Groupe  d’initiative commune des actions de communication sociale et la valorisation des espaces marchands nationaux (Gic-Ascovemn) de violer les termes de la convention de partenariat public-privé signée le 20 mars 2015 avec la commune de Douala 3è. Ladite convention stipule en effet, que la construction   du nouveau marché, évalué à 1 milliard de FCFA selon les occupants des lieux, doit être financée à 100% par l’apport propre du partenaire privé. Sauf que dans la réalité,   cette disposition de  l’article 3 n’est pas respectée. D’ailleurs,  Jean Robert Feuyang, Président  des commerçants du marché Ndogpassi reproche  à Gic-Ascovemn d’estoquer  de l’argent à ses collègues pour financer une partie des travaux.

Dans cette commission, « j’étais chargé de part mes attributions, d’aller vers les commerçants  prendre de l’argent pour aller renflouer leurs caisses. Le GIC avait demandé qu’on prenne des avances  de 500 000 FCFA pour une boutique qui  coûtera 1,3 million de FCFA au final et des avances de 50 000 FCFA pour les comptoirs  dont le coût total était évalué à  200 000 FCFA.  Or il n’est stipulé nulle part, dans la convention,  que les commerçants doivent verser  de l’argent pour la construction du nouveau marché », incrimine Jean Robert Feuyang.

 L’autre point de divergence  ce sont les conditions  d’obtention des espaces marchands dans le futur complexe commercial du marché de Ndogpassi 3.    Selon  un communiqué d’intérêt  général  rendu public le 22 septembre dernier par  Job Théophile Kwapnang, maire de Douala 3è,  le  prix  de cession  d’une boutique de 09 m2 passe de 1,3 million à trois millions  soit une hausse de 1,7 million de FCFA  alors  que le prix d’un comptoir de 1 m2 est désormais fixé à 400 000 FCFA au lieu de 200 000 FCFA comme prévu  autrefois dans la convention signée entre le GIC, la mairie de Douala 3è et approuvée par le préfet du Wouri. « Les commerçants veulent le respect des termes du premier contrat. Avec ce nouveau contrat, il est question de payer d’abord la boutique à trois millions ensuite la louer toute la vie », affirme un vendeur. Il ajoute que la majorité des boutiques qui s’y trouvent ont déjà été attribuées.

   Sans être techniciens, les commerçants, en plus  de condamner les agissements du GIC,  se plaignent du niveau d’avancement physique du chantier. Il  n’atteindrait pas selon eux, les 30% de taux de réalisation.  Concernant  la dimension des étals, les contestataires estiment qu’elle ne respecte pas les normes notamment les boutiques  qui ont une superficie de 7m2 et non 9 m2.

Le nouveau marché de Ndogpassi sera construit sur une superficie d’un plus de   12 000 m2. L’on y prévoit  546 boutiques et 1 500 comptoirs. Les modalités d’acquisition des boutiques ou comptoirs ne concernent au premier rang les commerçants formellement recensés. L’opération avait permis de  dénombrer près de 900 marchands recasés sur  les 1500 que compte le marché.  Pour le reste, on leur a demandé d’attendre la construction du nouveau marché puisqu’ils ont été régulièrement recensés.

Christian Happi

Nadine Essimi

« Même un commerçant peut être un  investisseur dans ce projet »

 La déléguée générale du Gic-Ascovemn répond aux  accusations portées à son endroit par les commerçants du marché Ndogpassi.

  Quelle est votre réaction aux reproches selon lesquelles Gic-Ascovemn perçoit de l’argent auprès des commerçants afin de financer la construction du nouveau marché ?

 

Les calculs sont très simples. Le coup actuel  des travaux évalué par le  ministère des Travaux publics est  de plus de  deux milliards de FCFA. Croyez-vous que cet argent soit sorti de la contribution des commerçants ? En plus  il est clairement  dit dans la convention que nous devons aller vers les sources  de financement. Alors même un commerçant peut être un  investisseur dans ce projet.  Comme pour dire que nous  ne violons en rien  les termes de la dite convention. C’est qui est vrai, le projet est financé  à 100% par le  Groupe  d’initiative commune des actions de communication sociale et la valorisation des espaces marchands nationaux (Gic-Ascovemn). Je vais également vous dire  que le GIC était libre de rechercher les financements. Il était de 1 milliard de FCFA mais aujourd’hui il est à près de sept milliards à cause de l’avenant qui a d’ailleurs déjà été signé. Une  réunion  a eu lieu  avec les commerçants  vendredi dernier pour pallier  à toutes incompréhensions. Pour comprendre cette hausse, il faut dire qu’il n’y a pas eu d’études avant la signature de la convention.

   

Comment comprendre que pour un projet aussi important vous signez une convention sans étudier préalablement le coût de l’investissement ?

 

Rien ne  nous garantissait qu’en faisant toutes ces études au préalable nous devions signer la convention surtout  que lesdites études étaient à un coût très élevé.  Rassurez-vous, le projet est financé à 100% par nos soins  et quand je dis « nos soins » cela veut simplement dire que nous avons des partenaires.

 

Pourquoi mettre en vente des boutiques dont le chantier de construction est loin d’être achevé ?

 

Ce sont les clauses de notre avenant.  C’est ainsi que  ça se passe dans tous les projets de construction des marchés.  Celui de Ndogpassi  est à 72% d’évaluation  des travaux  pour le premier pallier et celui du marché Congo  ne l’est même pas encore. Une  délibération  a déjà été votée avec  les coûts des boutiques  qui ne sont pas donnés  à tout genre de commerçant.

 

Propos recueillis par C.H.

 

 

 

 

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