Réduction des effectifs

 

Le Chantier Naval s’apprête à licencier 473 employés 

 

 

L’entreprise offshore,  qui emploierait environ 740 personnes, se séparera   ainsi de la moitié de ses effectifs  pour motif économique.

 

 

 

Après le feuilleton des  indemnités de congés, des frais de missions et des faux diplômes  qui avaient tenu l’opinion publique en haleine un certain temps, les employés  du Chantier naval et industriel du Cameroun(CNIC)    s’apprêtent à vivre un nouveau tourment. En effet, pas  moins de 473 ouvriers  sur les  740 travailleurs que compterait la société offshore seront d’ici la fin de ce mois mis à la porte pour motif économique et reversés dans la sous-traitance, a-t-on appris de source sûre au sein  du  CNIC.  Cette source révèle que Alfred Forgwei Mbeng, son Directeur général, a annoncé la mauvaise nouvelle à l’ensemble  du personnel du site de production de Douala le vendredi 16 septembre 2016 et à celui de Limbé lundi dernier.    

 

La décision de l’employeur, de congédier plus de la moitié des effectifs n’est du goût  des ouvriers.  Ils sont contre ce plan social  et jugent le chiffre de 473 licenciements excessif d’autant que disent-ils, le Directeur général de l’entreprise mène un train de vie princier. Les ouvriers citent par exemple la location d’hélicoptère pour ses déplacements personnels,  l’achat de deux voitures à hauteur de 100 millions de FCFA et le recrutement ces derniers jours,   de trois personnes issues de la famille d’un ancien Premier ministre. « Comment comprendre que les caisses de l’entreprise ne disposent pas d’argent lorsque le DG part en mission avec  pas moins de 10 ouvriers », fustige un ouvrier sous le sceau de l’anonymat.

De même, les salariés se sont fortement mobilisés ces derniers jours. Ils  comptent par ailleurs écrire au Président de la République  même si l’on promet de payer intégralement les salaires ce mois de septembre avant la publication de la liste  publiée  des employés touchés. «   Le DG doit s’attaquer véritablement au problème de faux diplômes qui plombe la société depuis un certain temps au lieu de licencier les gens », estime un ouvrier, mécontent, ajoutant que l’enquête du Cabinet  industry  consulting(CIC) a coûté 200 millions de FCFA et a permis de mettre sur la sellette  128 personnes.

 

 Les employés du Chantier naval ont beau tempêter mais la machine est laissée. Et rien ne l’arrêtera au vu  de la volonté affichée des dirigeants. Ils ont seulement  pris la décision de sensibiliser  l’ensemble du personnel par une note information pour large diffusion mais aussi, de descendre sur les sites de production pour une sensibilisation de proximité. C’est aussi pour des départs apaisés que la Direction générale doit communiquer  par écrit aux délégués du personnel la liste des travailleurs  qu’elle se propose de licencier en précisant les critères de choix retenus.  Ensuite, «  les délégués sont tenus de faire parvenir leur réponse à l’employeur dans un délai de huit(08) jours. La communication de l’employeur et la réponse des délégués du personnel seront transmises sans délai au ministre chargé du travail pour arbitrage », rassure le DG dans une note.

 

Le Chantier naval vit au rythme  des manifestations sociales depuis la condamnation  de Zacchaeus forjindam, son ancien DG à 15 ans de prison en 2012 pour détournement des deniers publics. Les revendications  portent beaucoup plus  sur le paiement   des meilleures conditions de travail et des arriérés de salaire. Sur ce dernier point,   la dernière grogne en avril 2016 avait poussé le gouvernement camerounais  à verser 990 millions de FCFA pour solder les salaires impayés.

 

Christian Happi

 

Proposition

 

 La société offshore plaide pour un départ apaisé des employés

 

La Direction générale du Chantier naval propose à son personnel plusieurs pistes de solutions. Lesquelles  fixent les modalités de rupture à l’amiable des contrats de travail.

 

 

Pour la mise en œuvre du plan de réduction des effectifs, la Direction  générale du Chantier naval et industriel du Cameroun(CNIC) propose à son personnel plusieurs pistes de solutions. Sur les critères de rupture à l’amiable des contrats de travail,  une note d’information dont  Le Quotidien de l’Economie a eu copie  dévoile que le CNIC souhaite  que les départs se fassent en conformité avec la règlementation en vigueur et en combinaison  avec la collectivité de l’entreprise.   Comme pour dire que,  ceux qui aspirent aux départs « volontaires »  doivent en faire la demande expresse et formelle à déposer  à l’attention  de la Direction générale au plus tard  le  mardi 20 septembre 2016.

le CNIC, en  s’appuyant sur l’application des dispositions de l’article 2 de l’arrêté n°021/MTPS/SG/OJ du 26 mai 1993 fixant  les modalités  de licenciement pour motif économique,  promet de déterminer l’ordre  des licenciements en tenant compte des aptitudes professionnelles en priorité, de l’ancienneté dans l’entreprise et des charges familiales...

 De même, la décision de l’employeur, de congédier 70% des effectifs (473 ouvriers  sur les  740) ne concernera en premier lieu, que « les salariés  présentant  les moindres aptitudes professionnelles pour les emplois maintenus et en cas d’égalité d’aptitude professionnelles, les salariés les moins anciens, l’ancienneté étant majorée d’un an par conjoint légitime et d’un an chaque enfant à charge au sens de la législation sur les prestations familiales », précise le document.

 

 L’autre point sur lequel la société a tenu à lever toute équivoque est  les modalités  de rupture à l’amiable des  contrats de travail. Elles seront contenues d’après les propositions du DG, dans la convention collective d’entreprise laquelle précise que l’employé  bénéficiera de certaines indemnités : une indemnité de préavis calculée sur la base du salaire mensuel brut multiplié par le nombre de mois de préavis dû ; une indemnité compensatrice de congés le cas échéant ; le 13ème mois au prorata. Egalement,  une indemnité de licenciement calculée sur la base du salaire brut mensuel multiplié par les taux suivant les tranches d’années d’ancienneté du salarié. En outre,  l’employeur s’engage à clarifier la situation de la dette sociale afin de faciliter  la constitution des dossiers de demande de pension retraite à la CNPS.

 

 C.H.

Retour à l'accueil