Création d’entreprises

 

Yaoundé  plus entreprenante que Douala

  

 

La capitale politique a enregistré entre 2010 et 2014,  17 098  entreprises  contre 13 810 dans la capitale économique selon les CFCE.

 

Ce sont exactement 32 773 Petites et moyennes entreprises(PME)  qui ont été créées au Cameroun  entre  2010 et 2014.   Dans les détails,  ce sont 712 qui ont vu le jour en 2010, 3668 l’année suivante, 7189 en 2012 contre 9706  un an plus tard et enfin, 11 498 en 2014. Si l’on se réfère à ces chiffres  rendus publics par les Centres de formalités de création des entreprises (CFCE), Yaoundé  est la ville la plus entreprenante   du pays avec 17 098   structures enregistrées (11541 par les hommes et 5557 par les femmes). Soit 1700 mises sur pied en 2011, 3 545 l’année suivante et 1700 un an plus tard. Pour être précis, il s’agit de 14287 entreprises  créées  sous la forme juridique d’établissements(ETS), 255 sociétés anonymes(S.A.),  plus de 2000  Sociétés à responsabilité limité(SARL) et 438  sous d’autres formes.  La majorité  de ces  PME, c'est-à-dire 16700, appartiennent à des opérateurs économiques nationaux et 398 aux ressortissants étrangers installés dans la capitale économique.

 Sur la même période,  les CFCE révèlent que  la ville de Douala a enregistré au total 13 810 dont 9888 créées par la gente masculine et 3922 par les femmes.  En clair, 8977 ont été enregistrées sous la forme  des ETS contre 213 pour les S.A.,  4481 SARL et 139 sous d’autres formes juridiques.   2014 est l’année où les populations de Douala ont été très entreprenantes avec 4155 structures mises sur pied contre 4032 un an auparavant. Entre 2011 et 2012, ce sont  respectivement 1936 et 3210 PME qui sont montées d’après  les données statistiques  des  CFCE qui ajoutent que dans la ville portuaire, 1052 des entreprises créées appartiennent à des étrangers contre 12758 aux populations locales.

 Troisième au classement général,  la ville de Bamenda enregistre  quant à elle, 598 entreprises créées entre 2010 et 2014. Ce qui fait 191 structures  mises sur pied en 2014 contre 209 un an plus tôt et 175 en 2012 soit, 585 détenues par des Camerounais  et  seulement 13 par des  étrangers. Même si aucun établissement n’a vu le jour en 2010, il n’en demeure pas moins que  572  Petites entreprises ont été formalisées  Bafoussam durant cette période.  Elles appartiennent  exclusivement à des  opérateurs économiques camerounais soit  386  aux hommes et  uniquement  186 aux femmes.  A date, apprend-on,  la chef-lieu de la région du Cameroun avait  créée 487 établissements, 69 SARL et seulement trois  S.A.

 A Garoua, et  Ebolowa les agences CFCE qui s’y trouvent  totalisent chacune en ce qui la concerne 463 et 60 structures.    Alors que le chef-lieu de la région du Nord, lit-on, a créées  82 en 2012, 182 l’année suivante et 204 en 2014,  le Sud Cameroun  n’enregistre  aucune  PME  entre 2010 et 2013.   C’est la même tendance observée dans les villes de Limbé et  Maroua. A l’inverse  60 structures ont été créées en 2014 à Ebolowa contre 61 pour Maroua et 111 pour la cité balnéaire.  Sur les 463 entreprises créées  à  Garoua, 298 sont la propriétaire des hommes et 165  pour les femmes. Soit  aucune société anonyme mais 440 ETS,  22 et un sous une autre forme juridique.  En gros, 22595 entreprises appartiennent  aux hommes  contre 10178 pour les femmes sur les 32773 créées entre 2010 et 2014.

 Christian Happi

 

 

Ariel Ngnitedem

«Les sociétés privées de Yaoundé appartiennent à des fonctionnaires »

 

L’Économiste et spécialiste des finances publiques analyse  les chiffres selon lesquels Yaoundé à ces dernières années créée beaucoup plus d’entreprises que Douala.

Yaoundé  est la ville la plus entreprenante    du Cameroun avec 17 098   structures enregistrées contre 13 810 pour Douala selon des chiffres  rendus publics par les CFCE. Qu’est ce qui justifie cette tendance?

 

Cette situation ne traduit pas la réalité  pour les grandes entreprises existantes à Douala et à Yaoundé. Je  ne pense pas qu’on puisse dire de façon péremptoire qu’il y a plus d’entreprise à Yaoundé  qu’à Douala. Ces chiffres cachent une autre réalité ;  créer une entreprise  participe du processus de formalisation c’est-à-dire sortir du secteur informel pour entrer dans le formel.   Aussi, il faut comprendre  que la culture entrepreneuriale  est plus présente à Yaoundé qu’à Douala qui regroupe beaucoup plus de PME évoluant  dans le secteur informel.  L’autre chose c’est  que la cite portuaire est  alimentée par l’exode rural c’est dire  que les personnes qui  y arrivent se lancent dans l’informel.  Remarquons également qu’à Yaoundé, on a tendance à voir plus des gens avec un niveau d’éducation plus élevé ce qui peut  justifier ce grand nombre  d’entreprises formalisées.  Par ailleurs  la ville de Douala a plus d’entreprises privées tandis qu’à Yaoundé, c’est l’Etat qui prédomine.  Beaucoup de chefs d’entreprises y font des affaires avec l’Etat. Et vous savez que lorsqu’on  fait des affaires avec  l’Etat, la demande en formalisme est plus élevée.  L’autre chose c’est cette collusion qui existe entre les fonctionnaires et les hommes d’affaires. Un grand nombre de sociétés privées à Yaoundé appartiennent à des fonctionnaires ou des agents de l’Etat.

 

Peut-on dire que Yaoundé soit plus attractive que Douala ?

 

Non. On ne pourrait pas dire que la ville de Yaoundé est plus attractive que Douala. Il faut voir de près  la raison  sociale des entreprises créées durant cette période ;  leur activité principale pour savoir si la capitale politique est plus attractive que  la capitale économique. On  peut  avoir  le siège social d’une entreprise Yaoundé mais ses activités principales sont Douala. Ces chiffres ne traduisent pas forcément une prédominance de Yaoundé sur Douala en termes de nombre d’entreprises réellement existant sur le terrain.  Il y a aussi ces raisons que ça peut-être un problème  d’information de la part du ministère en charge  de la création des entreprise ; à Douala on est suffisamment informer du fait qu’il y a des bureaux où on peut aller, crée çà même entreprise et un problème de formation.les gens sont  davantage informer à Douala, on pourrait  s’attendre que la tendance en terme de création d’entreprise à Douala est plus étendue par rapport à ce qu’on a aujourd’hui.

 Propos recueillis par C.H.

 

 

 

 

 

 

 

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