Gouvernance

 

Ces sociétés d’Etat qui ont échappé à la privatisation

 

SCDP, Sodecoton, Camtel…sont entre autres entre entreprises à capitaux publics qui n’ont pas été dénationalisées.   Leurs états financiers plaident plus ou moins en leur faveur.

 

 

La Société nationale d’électricité du Cameroun (Sonel) devenue Energy of Cameroon (Eneo), Hévécam (Hévéa du Cameroun), Régie nationale des chemins de fer  du Cameroun(Regifercam), Chococam, Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC)… la liste des sociétés publiques ou parapubliques ayant fait l’objet d’une privatisation au pays est bien longue.   Près d’une trentaine au total.  Dans cette vague  de dénationalisation, quelques entreprises  sont  jusqu’à ce jour  sur l’entière contrôle de l’Etat. Parmi les structures  non-privatisées, on peut citer la Société Camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP). L’entreprise dirigée par Gaston  Essomba Eloundou, a investi ces dernières années d’importantes sommes d’argent pour maximiser sa rentabilité : quatre réservoirs d’une capacité de 24 000 m3 pour les produits blancs, et deux réservoirs de 4 000 m3 pour la  défense contre incendie ont été construits.   

 En outre, entre  février et octobre 2014, la société a versé dans les caisses du trésor public la somme de 83 milliards de FCFA. Son  chiffre d’affaires  a aussi   augmenté de 44% pendant  la période allant de  2009 à 2013 soit un cumul de bénéfices nets de  12, 69 milliards de FCFA. «  Ceci  s’est traduit par un pic en 2011 et 2013 où l’entreprise a fait  des résultats nets  respectifs de 3,9 milliards et 3,3 milliards de FCFA »,  soulignait Gaston  Essomba en novembre 2014 à Douala, lors de la cérémonie d’installation Florent  Frimat, DGA. La Cameroon Telecommunications (Camtel) est l’autre société à capitaux publics à avoir échappé  à la vague de privatisation imposée par les créanciers internationaux du Cameroun dès les années 1990.  Si  les états financiers  de la structure au 31 décembre 2013 révélaient un déficit de trésorerie de 4,9 milliards de FCFA,  son résultat net affichait un peu plus de 3 milliards de FCFA.

 Le gouvernement de Yaoundé  compte privatiser d'autres entreprises inscrites dans son portefeuille.

Le gouvernement de Yaoundé compte privatiser d'autres entreprises inscrites dans son portefeuille.

Par ailleurs, Camtel a vu ses abonnés  atteindre la barre d’environ 412 000  en 2015, contre  un peu plus de 248 000 un an plus tôt. La même éclaircie fut observée  au niveau du téléphone fixe où le taux de pénétration avait atteint la barre de 2% contre 1,5% en 2014.  La seule ombre au tableau  c’est le scepticisme affiché  par la Banque mondiale sur  la capacité de l’opérateur public des télécoms, à rentabiliser la 3G a lui délivrée  par le gouvernement. « Camtel se contente d’offres minimum et de mauvaise qualité et n’a pas su exploiter la technologie CDMA (Code division multiple access NLDR)  qui est équivalente à la technologie 3G», écrivait  l’institution de Bretton Woods, dans son rapport  avant  de justifier l’attribution de cette technologie  par « la dégradation des finances de l’entreprise, d’une licence 3G à Camtel semble exclusivement politique, sachant qu’il ne semble pas avoir des compétences humaines pour mettre en œuvre un réseau de qualité».

 Concernant la Société de développement du coton(Sodecoton),  chaque jour qui passe démontre que sa non-privatisation fut  peut-être une erreur.  La preuve, en  octobre dernier, la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun(CNPCC)  réclamait à l’entreprise, six mois d’arriérés de payement dû à l’engorgement du port de Douala.  Pourtant un an avant,  la Sodecoton avait  haussé son capital social à hauteur de 19,087 milliards de FCFA, passant de 4,52 milliards de FCFA à 23,64 milliards de FCFA.

  Christian Happi

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