Chantier naval

 

 Une cinquantaine d’employés traduits devant le conseil de discipline

 

La direction de l’entreprise leur reproche  des faits graves notamment la «  participation  à la grève illégale et sauvage  des 11 et 12 novembre 2015».

 

Dans quelques jours, une cinquantaine d’employés  du Chantier naval et industriel du Cameroun(CNIC) vont  être traduits  devant le conseil de discipline. Les  motifs conduisant à une telle décision sont variés si l’on s’en tient  aux différents communiqués  affichés au babillard et signés de Alfred Forgwei Mbeng, Directeur général. La CNIC leur  reproche  dans un premier temps des faits grave  notamment la «  participation  à la grève illégale et sauvage  des 11 et 12 novembre 2015 », « participation  à la grève illégale des 29 et 30 décembre 2015 ». En second lieu,  la « violence à l’encontre d’un collègue », « falsification  des documents  officiels pour percevoir de l’argent à la Caisse nationale de la prévoyance sociale(CNPS) »…

 

 Ce sont en tout six conseils de disciplines  qui vont se tenir dans les prochains jours   pour statuer sur le sort de ces travailleurs. Ils sont constitués chacun en ce qui le concerne,  de six membres notamment  d’un président, trois délégués du personnel et d'un rapporteur. «  Ils ont  21 jours pour statuer et  remettre leurs copies au DG pour appréciation », apprend-on d’une source au sein de l’entreprise.  Si pour  la société  le conseil de discipline  n’est pas synonyme de sanction,  des ouvriers  approchés affirment  le contraire et croient que  la direction les a convoqués  par représailles à la grogne  du 26 avril 2016.  A cette  époque,  se souvient-on, les ouvriers revendiquaient principalement   le paiement  des arriérés de salaire et la démission du top management. «  Il est nul. Il doit partir ainsi que son équipe. Trois mois sans salaire ? Que vont devenir nos enfants? Pendant que l’entreprise est en crise, le DG s’offre des nouvelles voitures (Prado) d’une valeur de 120 millions. Il va en mission tous les 15 jours dans le mois, c’est trop! », protestaient alors les salariés de cette offshore. 

En ce moment, la convocation des conseils de discipline n’est  pas le seul sujet d’actualité au CNIC.  L’on reste toujours dans l’attente du verdict  de l’opération de vérification des originaux de diplômes des employés par le Cabinet  industry  consulting(CIC). L’exercice  qui suit son cours porte sur les  740 travailleurs que compte le Chantier naval lesquels étaient appelés à présenter  les originaux de leurs diplômes pour vérification conformément  à la note d’information n°14/15/DARH-AJA/DGA/DG/CNIC du 17 février 2015. Ceci  au plus tard le 15 mars 16 à 17h  soit près de trois mois déjà auprès  du chef service  administration générale et du personnel.« Tout contrevenant  à cette obligation  s’expose, non seulement  au paiement  de son  salaire du mois de mars 2016,  mais en plus sanction disciplinaire sévère », prévenait Alfred Forgwei Mbeng dans une note d’information.

 

 A la tête de l’entreprise depuis  plus de deux ans, Alfred Forgwei Mbeng et  son adjoint Roland Maxime  Aka’a Ndi ont bon gré mal gré, calmé  la tension sociale qui régnait au sein de la société.   Un calme précaire obtenu grâce au paiement  des arriérés de salaire cause de la grogne d’avril dernier,  et le règlement des indemnités de congés  et des frais de missions. Le chantier naval a 740 employés représentés par 8 délégués du personnel.

 

 Christian Happi

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