Pénétrante Ouest

 

 

Les travaux privent les populations de Douala d'eau potable

 

 Le chantier, étalé sur un linéaire de 13,087 km, est l’origine  des coupures d’eau enregistrées au lieu-dit « Grand Hangar » à Bonabéri.

 

Les populations de  la capitale économique connaissent d’énormes difficultés d’accès à l’eau potable depuis plusieurs semaines. L’une des principales causes de cette pénurie est  le chantier de construction de la deuxième pénétrante Ouest, étalée sur un linéaire de 13,087 km, soit  du carrefour  Bonassama à l’échangeur de Bekoko. Il  est l’origine  des    coupures d’eau potable au niveau du lieu-dit « Grand Hangar » à Bonabéri où près de 210 personnes sont tributaires  des casses  enregistrées lors des travaux de déplacements  des conduites d'eau. Les entreprises  qui ont causé  ces dommages  ont été identifiées.  «  Vous avez pris des mesures mais on n’est pas à l’abri des autres casses. Il faut accélérer les travaux de déplacement des conduites. Il faut en faire une priorité. Autant on a besoin des belles routes autant on a besoin de l’eau »,  a confié hier vendredi 07 avril 2016 à Douala Basile Atangana Kouna, ministre de l'Eau et de l’énergie (Minee) au cours d’une visite de travail.   « Il y a 1900 personnes qui souffrent du manque d’eau pour certains et de baisse de pression pour d’autres», a jouté  M. Chatué, Directeur régional Douala agglomération à la Camerounaise des eaux(CDE).

 Chaque intervenant  sur le chantier se dédouanant,  Razel estimant qui n’a jamais  pu mettre la main sur ce réseau tertiaire et le ministère en charge des Travaux publics(Mintp) révélant  pour sa part, que la Camwater n’assistait jamais aux travaux de coordination.  Et que la CDE a parfois  refusé de coopérer. «  Au début de ce chantier,  nous avons invité la CDE à nous montrer  leur réseau ce qu’elle n’a jamais fait », s’est plaint  Simon Pierre Mbousnoun, Délégué régional du Mintp pour le Littoral non sans préciser que  son ministère a déjà 8 milliards de FCFA pour tous les trois projets majeurs à Douala.

En tout cas,  Didier Mbock, Chef de mission à Egis Cameroun,  pense  qu’il injuste de tenir Sogea Satom, l’entreprise en charge du chantier pour responsable.   Les seuls coupables de la carence en eau potable seraient selon lui, les deux entreprises chargées la Communauté urbaine de Douala(CUD)de réaliser certains travaux. Et le sarcophage qui semblait être la solution ne peut être implémenté dans cette zone à cause  de la capacité portante nulle du sol.   La pénurie d’eau à Bonabéri n’est pas seulement du fait des casses des tuyaux de canalisation. Le travail de remise à niveau du réseau est bloqué  à certain moment sur la libéralisation des emprises. Lorsque  les agents viennent installer un tuyau  appartenant à CDE, apprend-on,  le propriétaire du terrain  en refuse l’accès  parce qu’il n’a pas encore été indemnisé.  N’empêche, la première vague de libération  des emprises a été faite en  février  et a permis d’atteindre 72%  de taux d’avancement.

 

Les habitants de Bonabéri ne sont pas les seules à souffrir des  grands chantiers en cours à Douala. C’est aussi le cas sur sites des travaux de la pénétrante Est de la ville. Là,  les populations du lieu-dit « village »  vivent avec les coupures intempestives d’eau potable du fait  de six km de conduites endommagées. Il n’est pas normal que les populations de Douala n’aient pas de l’eau à cause des travaux. Le Minee  a demandé à tous les intervenants de travailler en équipe afin qu’une solution soit trouvée au plus vite. «  Il n’y a pas eu de concertation. Mais on en est plus là. Aujourd’hui on a  un nouveau Directeur général à Camwater qui suit ce dossier ; c’est lui qui nous a informés de la situation  qui dure depuis l’année dernière », a vanté Basile Atangana Kouna.

Christian Happi

 

 

Basile Atangana Kouna

 

 

« Nous perdons 30 000 m3/jour du fait des travaux routiers »

 

Le ministre en charge de l’eau et de l’énergie analyse la capacité d’eau installée à Douala à l’issue de sa visite de travail.

 

 

 Quelles sont vont sentiments à l’issue de différentes visites effectuées sur le terrain?

 

Je viens de faire une très bonne visite sur le terrain avec tous les acteurs ( Camwater, Eneo,  CDE, SG du ministère des travaux publics). La capacité  d’eau potable installée   à Douala est de l’ordre de 280 000m2  aujourd’hui en plus des forages qui sont  entrain d’être réalisés nous aurons une capacité  installée de plus de 320 000m3/jour. Ce qui est  important puisqu’elle pourrait permettre d’alimenter  le maximum de citoyens de Douala en eau potable. Malheureusement comme vous l’avez pu le constater,  du fait des travaux routiers,  des interférences liés aux travaux nous perdons  pratiquement 30 000 m3/jour. Mais je suis satisfait parce nous avons eu des échanges très fructueux  avec l’entreprise Sogea-Satom,  Razel même si nous a été rappelé que  d’autres entreprises recrutées par la CUD ont également endommagé des conduites d’eau. J’ai également apprécié l’intervention du représentant de l’AFD, qui finance les projets routiers et qui a dit clairement qu’il n’est pas acceptable que du fait des travaux routiers  qu’on puisse priver les populations  d’eau potable.  Il y a une synergie d’actions avec des forages  qui sont déjà raccordés et les raccordements électriques sont en cours.

 

A quand le bout du tunnel pour ces populations privées d’eau potable ?

 

J’aimerai bien dit que c’est demain. Mais nous avons des contraintes liées aux entreprises qui font des travaux routiers. Je suis tout simplement heureux de savoir que celles-ci ont accepté de  déplacer les réseaux  et corriger les imperfections. Au niveau de village, il y a pratiquement trois km  de conduites  qui sont démantelées du fait des travaux. Même si la société Razel semble dire qu’elle n’était pas au courant parce qu’elle n’a pas eu toutes les informations nécessaires. Mais ce n’est plus le moment d’incriminer qui que ce soit. Il faut se mettre ensemble pour régler tous ces problèmes. La volonté y est.

 Ce qu’il faut savoir ce que ces 11 forages  seront mis en service très rapidement. Leurs  travaux de réalisation sont terminés  ce qui reste à faire c’est le raccordement hydraulique  et électrique qui sont en cours. Ces infrastructures induiront une   production de 50 000m3/jour. J’en appelle juste à la patience des populations de Douala car tout est bien parti.

 Propos recueillis par C.H.

 

 

 

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