Liquidation

 Les ex-employés de la défunte Camair passent à la caisse

 

 Ils sont des dizaines à défiler  depuis mercredi  dernier au  siège de la compagnie aérienne nationale pour percevoir leurs dus.

 

Comme nous l’avons déjà annoncé dans nos colonnes, les ex-employés de la Cameroon Airlines(Camair) mis au chômage après  des  difficultés et des pertes financières perçoivent depuis hier   leurs dus.  Du moins ceux qui sont encore en vie. Cette opération  est menée par le  Cabinet Bekolo & Partners, liquidateur de la défunte compagnie aérienne nationale.  A Bonanjo où se trouve  le siège de l’ex-Camair à Douala,  les bénéficiaires  entrent à tour de rôle  avec des documents en mains (carte nationale d’identité valide et des pièces justificatives de leur créance, NDLR) et ressortent quelques minutes plus tard avec le visage des beaux jours.  Ils ont du mal à cacher leur satisfaction après plusieurs années de patience.  C’est le cas de ce sexagénaire qui a passé  plus de  vingt ans dans l’entreprise comme technicien avant d'être mis à la porte. «  Je suis fier  de rentrer dans mes droits. L’attente a été longue mais l’essentiel est sauf »,  confie-t-il sans décliner son identité.

 Moins satisfait que son ancien collègue,  un autre  ex-travailleur de la Camair dit ne pas être  content de la somme perçue même si celle-ci est  arrêtée en fonction de la catégorie et de l’ancienneté. «  Je ne suis pas satisfait de l’argent qu’on m’a donné  mais un vaut mieux que zéro », débite-t-il. Tout aussi déçue,  une dame âgée d’une soixantaine d’années qui n’a pas pu retirer son chèque. Selon ses dires, toutes ses pièces n’étaient pas conformes aux exigences du liquidateur. Et son camarade de lui emboiter le pas : «  Je suis tout aussi concerné par cette affaire mais pour le moment, je suis juste venu faire des requêtes », lance-t-il.

 

Les actifs de la compagnie aériennes furent transférés dans la société « Cameroon airlines corporation » qui reprend les activités de Camair mais pas ses passifs   en septembre 2006. Un an plus tôt,  la société était interdite de vol en France par la DGAC (La direction générale de l'Aviation civile) pour motifs : « De nombreux écarts aux normes internationales notamment dans le domaine du chargement des appareils, du transport de marchandises dangereuses, de la documentation nécessaire à la navigation et de la maintenance des pneumatiques ». Dans le même sens,  la Camair accusait une importante série de vols annulés sur la ligne Douala-Paris, à cause de l’organisme financier australien  qui avait repris  sans préavis l’un de ses appareils loués, conformément au contrat.

 

 Christian Happi

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