Elections à la chambre de commerce

 

 Timide mobilisation des commerçants à Douala

 

Le nombre d’électeurs ayant exercé leur droit de vote à mi-journée du scrutin était relativement faible. La tendance devrait s’inverser.

 

jeudi 4 février 2016 s’est déroulé sur l’ensemble du territoire national les élections  en vue du renouvellement  des membres de  la Chambre du commerce, d'industrie, des mines et de l'artisanat(Ccima) du Cameroun.   A Douala  tous  les  20 bureaux de vote   créent pour la circonstance notamment celui du marché Sandaga étaient ouverts dès 08heures du matin.  Mais le fait manquant est la faible mobilisation des  commerçants qui ont préféré écouler leurs marchandises au lieu d’exercer leur doit de vote.  Les urnes sont vides jusqu’au moment où Le Quotidien de l’Economie quittait les lieux.  Cependant selon Fidèle  Mandeng, Président du bureau de vote, la tendance peut s’inverser à tout moment. « Je n’ai pas de commentaire à faire pour le moment ;  les choses peuvent changer d’un moment à l’autre » lance-t-il.

La faible mobilisation des électeurs  à cet instant de  la journée est quasi-identique au  marché Mboppi. Car, il n’y avait pas foule dans les bureaux de vote pour élire les  membres de  la Chambre du commerce. Toutefois, on est moins  de la tendance observée  au marché Sandaga quelques personnes étant venus voter dans l'espoir de changer quelque chose dans leur condition de travail. «  Nous espérons vraiment que ceux qui seront élus vont plaider à notre faveur. Nous voulons plus de sécurité dans nos marchés et cela passe par de bonnes installations électriques pour éviter de incendies à répétition », a confié un votant au sortie du bureau de vote. Le même espoir est visible sur le visage de  Jean B. un marchand. «   Mon souhait le plus ardent est que notre sort change à l’issue de ces élections. Je suis venu voter parce que c’est un devoir civique », a-t-il jugé.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la bouderie des électeurs en premier lieu l’absence d’information. En effet les commerçants   ont préféré comme à l’accoutumée  aller vendre leur marchandises  parce qu’ils  sont à la quête de leur pain quotidien. « Tels que sont les commerçants je pense  que la recherche du  gain prime sur tout autre chose pour eux; mais ils viendront au fur et à mesure », espère un représentant de la Ccima. En plus les commerçants approchés  étaient manifestement surpris par la tenue des élections à l’instar de Franck Nitedem vendeur d’ail : « Je ne suis pas au courant pour les élections ; on ne m’a rien dit », s’étonne-t-il.   Autre chose les votants  accusent la chambre de commerce de ne pas défendre leurs intérêts auprès des autorités. C’est du moins ce qu’affirme  un vendeur de vivres frais sous couvert de l’anonymat. «  A quoi ça va servir de voter ?  Les impôts augmentent tous les jours et la Chambre de commerce ne fait rien contre », se plains-t-il.

 Cela dit tout  a  tout fait  pour que les élections se déroulent dans de bonnes conditions.  La région du Littoral  avait 35 bureaux de vote soit  20 pour la ville de Douala. Chaque bureau était constitué  des urnes transparentes, un isoloir  et des bulletins de vote posés sur une table avec des enveloppes.   A ceci s’ajoute, deux scrutateurs,  la Représentante de la Ccima, un secrétaire et  le président dudit bureau… Les membres de la Ccima sont élus pour un mandat de quatre ans renouvelables. Parmi  les candidats inscrits sur les listes électorales figurent Mohamadou Nana Bouba propriétaire de la société Azur S.A., Bernard Fokou, Seme Noungon de Semme mineral water, Elie Saker Tshouongang promoteur  des boulangeries éponymes, Protais Ayangma Amang, Albert Kouinche patron d’Express Union.

 Christian Happi

Halidou Bello

 

Le  Secrétaire  de la commission électorale apporte des explications sur  le manque d’engouement  qui prévaut dans les bureaux de vote à mi-journée des élections.

 

 

« 120 000 électeurs  étaient attendus  sur l’étendue du territoire »

Qu’est ce qui  peut expliquer le peu d’engouement dont font montre les commerçants à mi-journée des élections ?

 

Les élections consulaires ne sont pas courues partout  dans le monde. Les chambres  consulaires sont des organisations spécifiques avec des hommes d’affaires qui sont préoccupés par la  bonne marche de leurs affaires. Mais cela ne veut pas dire que ce manque d’engouement   va persister. Les bureaux de vote sont ouverts de 08h à 18h par conséquent chacun a son timing et sait à quelle heure précise il passera voter. Donc,  nous attendons au total sur l’étendue du territoire  120 000 électeurs  soit 65% pour la région du Littoral. Je pense que si vous repassez dans ces mêmes bureaux de vote  d’ici à ce soir vous allez voir des rangs.

 Y a-t-il eu un problème de sensibilisation au regard de la faible mobilisation des électeurs à ce moment de la journée ?

 

Nous avons engagé  la campagne de sensibilisation cinq mois avant la tenue des élections même s’il est vrai qu’il y a eu des petites gênes au niveau de la localisation des bureaux de vote notamment dans la ville de Douala. Mais  le problème est entrain d’être résolu. Je pense  que les commerçants n’ont pas pris la peine de consulter les listes électorales affichées dans chaque sous-préfecture  six avant la date des élections.  C’était l’occasion pour eux de voir si leurs noms y figurent ou pas et faire des requêtes dans ce sens.

 

Les commerçants  disent ne pas aller voter parce que la Ccima ne défend pas leurs intérêts. Quelle est votre  réaction ?

 

Je ne suis pas du tout d’accord avec cette opinion qui s’est malheureusement répandue. Il faut connaitre les missions de la Chambre pour savoir à quoi s’attendre. Les plaintes des opérateurs économiques par rapport aux impôts qui grimpent  sont infondées car relevant de la loi des finances. La chambre de commerce est bras séculier de l’Etat près du secteur privé en termes de défense de ses intérêts auprès de l’administration. N’empêche, la chambre a toujours faire des observations  à chaque fois qu’on dot voter la loi des finances. Nous conseillons à ces opérateurs de sortir de l’informel parce  que nous avons des Centres de gestion agrée où ils peuvent s’enregistrer.  Ils sont couverts une fois qu’ils y sont. Agoa qui permet aux opérateurs économiques d’exporter vers les États-Unis  certaines marchandises en franchise de droits de douane.

 Propos recueillis par C.H.

 

 

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