Décentralisation

 

40 compétences transférées aux communes
 

  

Ces chiffres, contestés par les acteurs de la scène politique, correspondent à une amélioration  du rythme  de transfert d’environ 72%.

 

 Le transfert de compétences aux collectivités  territoriales décentralisées (régions et communes) a pris une nouvelle impulsion avec la loi n°2004/017 du 22 juillet 2004.  A ce titre,  40 compétences ont été transférées au 20 novembre 2015,  sur 56 prévues soit une amélioration  du rythme  de transfert d’environ 72%, a-t-on appris auprès du  Premier ministre Philémon Yang au cours de la lecture des grandes lignes  du budget 2016 à l’Assemblée nationale. A première vue,  disent les élus locaux, ce chiffre peut certainement sembler flatteur, mais en vérité,  c’est tout autre chose dans la réalité.  Claudine Ndoutou Edimo, 4ème adjoint au maire à la commune d’arrondissement de Douala 3ème,  paraît surprise par les déclarations du Chef du gouvernement camerounais. «  Les propos du Premier ministre ne reflètent pas ce qui se passe sur le terrain ;  De quelle décentralisation parle-t-il ? Il y a plein de choses qui ne doivent être confiées aux communes mais la mainmise de la CUD  les empêchent de se matérialiser », vocifère le maire de la commune la plus vaste de Douala.

 

Claudine Ndoutou Edimo n’est pas le seul représentant du peuple à poser le problème des mécanismes d’autogestion des collectivités territoriales décentralisées. Pour  Hilaire Zipang,  conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Douala 1er,  le plus important n’est pas   de transférer  des compétences  mais de les rendre applicables. Il  estime  que  les compétences telle la gestion des marchés et autres ne sont pas encore effectives malgré leur transfèrement  aux mairies. «  Le choix du transfert des compétences de l’Etat vers les collectivités dépend du parti au pouvoir ; on ne peut subir leur diktat d’autant plus que cette politique va droit dans le mur », analyse l’opposant.

Tout aussi amer,  Jean Robert Wafo le Responsable du shadow cabinet  en charge de l'information et des médias chez Social democratic front(SDF) souhaite que l’on ne se contente pas seulement  d’avancer des nombres mais aussi, d’énumérer les compétences réellement transférées.  A en croire  le conseiller municipal à la commune d’arrondissement de Douala 2ème, Philémon Yang doit cesser de « bombarder » des chiffres  aux yeux des Camerounais et donner plutôt des exemples  ainsi que  le volume  des compétences transférées. «  La décentralisation  va au rythme de l’escargot au Cameroun car il y a une concentration des pouvoirs à Yaoundé », lance Jean Robert Wafo joint au téléphone par Le Quotidien de l’Economie.

 

 Rappelons que la décentralisation est un système d’administration permettant à une collectivité humaine  ou à un service de s’administrer sous le contrôle de l’Etat. Elle est prévue  au Cameroun par la constitution du 18 Janvier 1996 qui, si on s’en tient à son article 1, alinéa 2, prévoit « un Etat unitaire décentralisé ». Les collectivités territoriales en tant que communes et régions, implique le transfert des compétences de l’Etat vers les collectivités en questions. Il s’agit en d’autres termes d’une libre administration prescrite par la Loi n°2004/017 du 22 juillet 2004 d’orientation de la décentralisation.

 Christian Happi

 

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