Cotonculture

 

Les producteurs  réclament six mois d'arriérés de payement à la Sodecoton

 

A l'origine de ce retard, la conjoncture internationale mais surtout un problème de liquidité du fait de l'engorgement du port de Douala.

 

La filière coton camerounaise connait de graves difficultés visibles  à travers le mécontentement des producteurs des trois régions septentrionales. Ils  réclament à la Société de développement du coton(Sodecoton), entreprise à capitaux publics, six mois d’arriérés de payement ce qui n’est jamais arrivé depuis plusieurs années.  A l’origine de ce retard, la conjoncture internationale mais surtout un problème de liquidité du fait de l’engorgement du port de Douala. «   Le coton fibre n’a pas été embarqué à temps par conséquent, la Sodécoton se retrouve avec de tonnes de cotons fibre qui n’est pas vendue et qui  l’empêche d’avoir des liquidités  pour payer  les producteurs », a expliqué  Bebnone Payounni, producteur de cotons, par ailleurs Sénateur dans le Nord et  Vice-président  de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun(CNPCC). Il s’exprimait ainsi, au cours de l’atelier national de formation sur « l’Approche Valuelinks pour le développement  de la chaîne de valeur coton-textile-confection au Cameroun ». La rencontre se tient depuis hier mardi à Douala et s’achève ce  jeudi.

 Selon le représentant de la  CNPCC, le secteur de l’or blanc  traverse une période de turbulences graves. C’est pour cette raison que la Sodecoton, associée  à certaines associations  tendent la main à l’Etat (principal actionnaire de la Sodecton avec 59%  du capital social)  afin que les paysans soient payés dans les délais.  30 milliards de  FCFA auraient été débloqués  par l’Etat dont une partie servira à désamorcer la grève des producteurs qui se profile à l’horizon, selon des acteurs du secteur.

En plus de souffrir  de problèmes d’argent,  les producteurs  du Nord, l'Extrême-Nord et l'Adamaoua,  doivent surmonter la cherté des intrants agricoles. A cet effet,  les engrais arrivent à Douala à des prix acceptables mais  se vendent autour de   25 000 à 26 000 FCFA le sac dans la ville de Garoua lorsqu’on  y ajoute les frais  de manutention, transport, les frais de magasinage…. Ce qui dépasse déjà le sac du riz.

 Pour revenir sur l’atelier, notons qu’il  vise en priorité  la mise en cohérence  entre les différentes stratégies des institutions publiques et privées impliquées dans la chaîne de valeur. L’un  des objectifs de la démarche de ladite chaîne est la promotion des investissements publics-privés. « La chaine de valeur est une opportunité pour les producteurs parce que  la culture de coton doit devenir une véritable culture de rente permettant  à l’ensemble des acteurs de mieux vivre. Il faudra que le producteur soit pris au centre du débat de la stratégie nationale du coton et même internationale », a déclaré l’un des participants.

 Ainsi,  les investissements  publics se réfèrent  difficilement  à un critère stratégique de développement  des chaînes de valeurs. Tandis que les opérateurs privés  se focalisent sur les signaux de marché et la rentabilité, les entités publiques  se sentent plus responsables du mandat de production du service public qui leur incombe. Il est dès lors nécessaire pour l’ensemble  des acteurs de la chaîne  de valeurs de raisonner en termes d’opportunités, de contraintes économiques afin d’assurer  une vision commune de l’ensemble des acteurs pour le développement  global de la chaîne de valeur.

 Christian Happi

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