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ActivSpaces au chevet des start-up camerounaises

 

Cette structure d’appui à la création d’entreprise permet de passer de l’idée initiale à la réalisation et à la consolidation d’un projet structuré (incubateur).

 

Nous sommes au premier niveau de l’immeuble Tecno sis au Boulevard de la Liberté à Akwa. Cet édifice abrite plusieurs entreprises. Ce mercredi 28 octobre, le vigile du bâtiment est assis juste à l’entrée principale. Il filtre les entrées et sorties. Il veuille beaucoup plus sur les novices. Comme tous les visiteurs, nous n’écharpons pas au contrôle. Une fois dans les locaux de la structure ActivSpaces, la beauté des lieux frappe à l’œil nu. Le sol, premièrement, est recouvert de carreaux d’une couleur beige ;  l’espace de travail collaboratif  est équipé de bureaux spatiaux et modulables, capables d'accueillir des dizaines de porteurs de projets. On peut deuxièmement remarquer la présence  d’un climatiseur, la connexion internet haut-débit, et des sièges confortables.  Des matériels de bureautique auxquels s’ajoutent un congélateur, une cafetière et un tableau utilisable grâce aux marqueurs blancs délébiles ainsi qu’une une salle de réunion privée de plusieurs m2.

 À ActivSpaces,  il  n’y a pas grand monde  qui y travaille ce mercredi 28 octobre 2015. Juste trois porteurs de start-up ayant les yeux rivés sur leurs laptops. Le premier s’appelle Wilkins Abane, promoteur de « Dial237.com » un moteur de recherches  qui permet aux personnes de trouver  des entreprises locales comme des restaurants, hôtels… Cela fait plus de six mois qu’il travaille quotidiennement avec  l’incubateur à cause de manque de moyens financiers. Wilkins Abane reçoit   régulièrement des cours afin de devenir un bon entrepreneur. « Je suis venu à ActivSpace parce qu’il m’offre  gracieusement  leurs locaux, une bonne connexion internet pour pouvoir travailler en toute tranquillité », confie le bonhomme.

  D’un  promoteur à un autre,  les témoignages sont les mêmes. Ghislain Nyamfit, CEO de Cartech,  un espace virtuel permettant aux gens de vendre leurs pièces détachées pour automobile sur la toile, suit tout comme son confrère le programme de l’incubateur. Il  y a posé ses valises au lendemain du lancement technique de son entreprise.  Son choix s’est porté sur ActivSpace parce que l’environnement est propice pour le brainstorming mais aussi parce, «   chacun de nous travaille sur un projet différent de l’autre. Cependant  le fait de se côtoyer tous les jours  permet d’avancer avec son entreprise et d’affiner mes idées », affirme Ghislain Nyamfit. La motivation de ce dernier est aussi due au suivi  d’un Business developer  grâce à qui, il peut avoir une vision claire  sur le côté business de son projet.

Le troisième à avoir posé les pieds hier dans les bureaux de l’incubateur est  Melvis Moba. Elle est en  stage au sein de Kwiizi,  une application innovante avec laquelle les étudiants peuvent  avoir accès  aux livres, émettre des appels vidéo et partager des fichiers sans connexion internet. Avec ActivSpace, témoigne-t-elle, on peut  rencontrer des gens, partager les idées et progresser  dans son apprentissage de l’entrepreneuriat. Grâce aux facilités qu’offre ActivSpace, plusieurs startups ont pu être opérationnelles à travers le Cameroun.

L’incubateur en détails

 

ActivSpaces se définit telle une association à but non lucratif installée à Douala depuis 2012, deux ans après sa création  à Buéa dans le Sud-ouest du pays. À la différence d'une  pépinière d’entreprises ou d'un hôtel d’entreprise, un incubateur s'adresse à des sociétés très jeunes ou encore en création, et leur propose un ensemble de services adaptés. L’activité  de la structure consiste donc,  à aider la communauté Tech à mener à bien  leurs activités  tout en mettant à leur disposition des outils particulièrement des vidéos projecteurs, connexion internet, appareils  photo,  salle de réunion, etc. et si possible de l’argent.  Cependant, le cœur de métier du regroupement demeure son soutien aux Petites et moyennes entreprises (PME) qui démarrent à peine leurs activités. Leur accompagnement met l’accent sur la formation à l’entrepreneuriat, la connexion aux partenaires scientifiques, les modalités et la recherche de financement, le ciblage du marché et l’élaboration du modèle économique. «  Nous organisons des séances de business développement, mettons à la disposition  des startups notre panel de consultants en marketing,  finance et comptabilité et enfin,  on a un réseau international dont nos membres en profitent », explique Danielle Akini,  Community developer  chez l’incubateur de sociétés très jeunes.  Elle est par ailleurs, Directrice de la SII, une entreprise de services informatique créée en janvier 2013.

 L’accompagnement des startups se déroule en trois étapes dont la première,  d’une durée de huit semaines,   est focalisée  sur le développement  de l’entrepreneuriat avec un point d’honneur sur les problèmes que rencontrent les porteurs de projets. Ensuite,  une seconde phase de huit autres semaines sur le développement des idées et affinage  des produits, et pour finir un dernier niveau de trois mois ou Bootcamp réservé  seulement aux lauréats issus des concours. Ici,  il est question  d’aider les TPE à  développer leurs produits sur le marché et leur apporter un soutien financier d’1 million de FCFA par projet remboursable à hauteur de 5% par an «  lorsque la startup va commencer à  faire du bénéfice ».  La prochaine édition dudit concours  est prévue pour janvier 2016, apprend-on.   Pour bénéficier de toutes ces facilités,  il suffit au promoteur de la start-up de soumissionner  sur le site officiel de l’incubateur. Il s’en suivra  une  étude dossier à l’issu de laquelle quelques unes seront sélectionnées.

 Difficultés

 

 A l’image des sociétés  opérant au Cameroun, ActivSpaces est confrontée à diverses difficultés spécialement le manque de financement pour davantage soutenir les entreprises locales. Lesquelles ne sont pas toujours concentrées  pour suivre le programme. «  Les promoteurs des start-up sont parfois obligés  de courir à gauche et à droite pour gagner leur vie. Du coup, leur projet n’est pas mené jusqu’à terme », constate Danielle Akini.

 Christian Happi

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