Cette entreprise veut en plus d’acheter et recycler les vieux bidons se lancer dans la production des récipients en plastiques.

Gabriel Parfait Nguiladjoe, économiste de formation, recycle les déchets plastiques depuis 2012. Cette activité, explique-t-il, consiste à écraser à l’aide d’une broyeuse les vieux bidons (polyéthylène), seaux, casiers et chaises plastiques (polypropylène) achetés auprès des collecteurs. Le kg des vieilles chaises est acheté à 100 FCFA, alors que les bouteilles plastiques coûtent 75 FCFA le kg.

Mais avant d’arriver à ce niveau, le recycleur regroupe les déchets plastiques par nature, c'est dire que chaque rebut est séparé d’un autre. Puis, « on les regroupe par couleur avant de les découper avec des machettes », explique Gabriel Parfait Nguiladjoe, promoteur de Panexim établissement, ajoutant que sa broyeuse a une capacité de 300 kg/jour. Le broyé obtenu est tout d’abord tamisé pour extraire la poussière qui s’y trouve et par la suite séché au soleil. La dernière étape et non la moindre consiste à mettre les produits dans des sacs de 50 kg pour les vendre aux entreprises spécialisées dans la fabrication des objets plastiques. Le kg de ces déchets est vendu entre 250 FCFA et 300 FCFA.

Ceci étant, la structure réalisait autrefois un chiffre d’affaires d’environ trois millions de FCFA par mois. Or, aujourd’hui, « l’activité est au ralenti et les consommateurs finaux ne passent plus des commandes ; il parait que les matières premières d’origine (granulé des produits de même nature) sont devenues moins chères. Et, que certains de nos anciens clients ce sont dotés des broyeuses », suppose le patron de la PME. La conséquence de cette mévente est la reconversion de l’entreprise dans le recyclage des vieux nylons (polyéthylène de haute densité et polyéthylène basse densité). L’idée étant de ravitailler les sociétés qui font dans la fabrication des bâches.

Panexim a débuté ses activités en 2005 avec la distribution des papiers d’imprimeries et la confection des journaux d’entreprises à l’instar de la Société nationale des eaux du Cameroun(SNEC), apprend-on. Un domaine d’activité qui va prendre fin en 2012 à cause des commandes qui se font rares. « Ce travail ne fonctionnait pas bien c’est ainsi que nous avons changé d’activité grâce à la formation de la Fondation camerounaise de la terre vivante(FCTV) », précise l’économiste. Lui et bien d’autres entreprises se sont regroupés au sein du Réseau des acteurs pour la valorisation des déchets ménagers(Ravadem). Panexim est logée dans une maison en construction à Ndobo( Bonabéri).

Christian Happi

Gabriel Parfait Nguiladjoe

« Les entreprises nous ont fermé les portes »

Le promoteur de Panexim donne les raisons de sa reconversion non sans égrener les problèmes qui minent ce secteur d’activité.

Pourquoi avoir décidé de vous laisser dans le recyclage des déchets plastiques ?

Je me suis lancé dans le recyclage des déchets plastiques à la suite de ma rencontre avec le gestionnaire du projet de la Fondation camerounaise de la terre vivante(FCTV). Ce dernier m’avait parlé de façon positive de cette activité et m’avait inscrit par la suite à la formation du recyclage des déchets plastiques. Ainsi, après mon apprentissage, j’ai trouvé mieux d’orienter mon entreprise dans ce domaine qui était à l’époque très porteur.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans l’exercice de ce travail ?

La première difficulté auquel nous nous heurtons est l’inaccessibilité des entreprises qui étaient autrefois ouvertes à l’achat de nos produits. Elles nous ont refermé les portes sans raisons apparentes. N’empêche, nous avons contacté d’autres sociétés consommatrices des produits recyclés mais qui sont très méticuleuses sur la qualité des matières premières qu’elles recherchent. En effet, il y a des entreprises qui rejettent les produits ne respectant pas la norme. D’ailleurs, c’est qui s’est passé avec l’un de nos clients qui a refusé 20 tonnes de nos produits, lesquels étaient achetés par d’autres entreprises. C’est pourquoi nous sommes en train de revoir notre méthode de recyclage afin mettre à la disposition de la clientèle des broyés qui correspondent à leur besoin.

Qu’est ce que vous faites à votre niveau pour éviter ce type de désagrément dans l’avenir ?

La première chose que nous puissions faire est lorsque nous entrons en contacte avec une entreprise, nous leur présentons un échantillon de notre produit pour qu’elle l’essaye. Au cas où cet échantillon ne correspond pas à leur besoin, nous apportons des améliorations. L’autre chose, c’est que quand nous rencontrons une entreprise, nous essayons d’entrer en relation avec le chef d’usine ou le chef de production pour savoir avec exactitude quelle est la qualité du produit qu’elle veut. Puisque si nous ne le faisons pas, il est fort probable que la matière première que nous lui livrons coïncide au besoin d’un autre client et non à la leur. Ce qui constitue un manque à gagner pour nous...

Est-ce que ces entreprises vous ouvrent toujours facilement leur porte ?

Évidemment que non. Car, il y a beaucoup de facteurs subjectifs qui entre en ligne de compte. Imaginez-vous que vous entrez dans une entreprise où vous avez pu avoir un bon de commande et que des obstacles se dressent devant vous au niveau des techniciens qu’ils vont utiliser vos produits. Pourtant, les gens qui travaillent dans l’administration vous ont donné toute la garantie nécessaire et un bon de commande. Certaines personnes, pour ne pas l’essayer, prétextent qu’elles sont occupées. Pire, elles disent que le moule sur lequel elles travaillent ne correspond pas aux produits que vous proposez.

Propos recueillis par C.H.

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