Crédit du Golfe:L’EMF en proie aux difficultés financières

Les responsables de cet établissement de crédits réclament près de 500 millions de FCFA à plusieurs entreprises et les épargnants arrivent difficilement à toucher leurs fonds.

Ce n’est un secret pour personne. Les clients du Crédit du Golfe, un établissement de micro-finance(EMF) basé à Douala, ont de la peine à entrer en possession de leur argent depuis le mois de janvier 2015. Qu’il s’agisse des salaires, des retraits de mandat, des dépôts de chèques ou virements, « on vous donne plusieurs rendez-vous sans jamais vous servir », se plaint une cliente. En effet, les finances du Crédit du Golfe sont dans le rouge depuis un certain temps. Une situation due, à en croire les responsables de l’entreprise, à la mauvaise gestion de la précédente équipe dirigeante, le favoritisme et la mauvaise foi de certains clients.

La preuve, près de 500 millions de FCFA de crédits restent jusqu’aujourd’hui non remboursés par les débiteurs, souligne un responsable de l’EMF, non sans préciser que parmi ces débiteurs, figurent l’imprimerie nationale, les entreprises privées et parapubliques, etc. « Le portefeuille de l’entreprise est pourri ; en plus les gens qui ont emprunté de l’argent ici sont une catégorie de personnes bien aisées. Elles ont pris de l’argent avec des prête-noms », explique-t-il.

N’empêche, des cadres de la structure rassurent que « les choses sont entrain de s’arranger ». A en croire ces derniers, le Crédit Golfe a déjà pu recouvrer auprès des clients « mauvais prêteurs » 422 millions de FCFA, sur les près d’un milliard de FCFA de crédits amortissant et de découverts. De même, des mesures « fortes » ont été prises par la nouvelle équipe dirigeante. Il s’agit surtout du changement de « la politique managériale » et des conditions d’octroi des crédits. « Les crédits sont désormais accordés aux couches les plus défavorisées sur une durée d’un an au maximum », a confié l’un des responsables du Crédit du Golfe.

Des agences ont été également fusionnées. Notamment, les agences de Ndokoti et d’Akwa et les agences de Limbé et Buéa. « L’idée de cette fusion est de limiter les dépenses en ce moment un peu difficile, car ces agences étaient logées dans des bureaux en location », précise un cadre de l’EMF. L’autre mesure « forte » prise par le Crédit du Golfe pour éviter la descente aux enfers de la microfinance, est l’intensification des recouvrements. « Nous sommes engagés à traquer les débiteurs », a lancé un responsable de l’EMF. Le conseil d’administration de la structure est annoncé pour le 15 avril prochain. LQE a appris qu’un appel sera « lancer aux actionnaires d’injecter un peu plus d’argent pour résoudre les difficultés financières auxquelles nous faisons face », confié une source interne à la structure. Pour rappel, la crise du Crédit du Golfe a commencé en janvier dernier avec les employés d’une entreprise d’import/expert qui réclamaient le payement de leurs salaires domiciliés dans les comptes de l’EMF.

Crédit du Golfe:L’EMF en proie aux difficultés financières

Le Crédit du Golfe n’est pas à sa première restructuration

Des difficultés liées à ce secteur d’activité vont entrainer la faillite de la microfinance en 2009.

Ce n’est pas la première fois que le Crédit du Golfe est en pleine restructuration. En 2009, apprend-on sur son site web, « des risques liés à ce secteur » avaient entrainé la faillite de l’entreprise, mettant ainsi fin à sa principale activité qui était la collecte journalière des fonds des petits épargnants. La restructuration qui a suivi à partir du 13 août 2009, va conduire au changement de dénomination : « Cofidecam » deviendra « Crédit du Golfe » dans le « strict » respect des dispositions légales en la matière.

Le Crédit du Golfe est un établissement de microfinance(EMF) de 1ère catégorie crée en 1997, sous l’appellation de la Coopérative « GIC-Colvilt ». Mais, ce n’est que le 08 mai 2002(cinq plus tard) qu’il obtient l’agrément du ministère de l'Economie et des finances, sous la référence N° 00227/Minefi. Il commence ses activités en ouvrant ses portes dans un local au sein du marché central de Douala. L’EMF deviendra un an plus tard Coopérative Financière des débrouillards du Cameroun(Cofidec), inscrite au Registre Provincial des COOP/GIC du Littoral sous le numéro LT/28/98/2425. Puis, Cofidecam (Coopérative financière des débrouillards du Cameroun) sous le même registre le 29 août 2000.

Aussi, apprend-on, le 30 Avril 2010, le chef du registre provincial des COOP/GIC du Littoral délivre un nouveau certificat d'inscription portant la nouvelle dénomination. Selon les responsables de la microfinance, l’objectif de ce changement de dénomination était de refléter la nouvelle dynamique de la société. « Nous avons en même temps redéfini ses missions, à savoir la résorption du chômage par l'emploi des jeunes; le combat contre la pauvreté en mettant à la disposition des masses populaires, les produits bancaires de base que sont la collecte de l'épargne, l'octroi des crédits, le transfert rapide d'argent, ceci au sein d'un réseau d'agences couvrant le territoire national », précise l’entreprise sur son site web. Le Crédit du Golfe offre aujourd’hui une gamme variée de services bancaires. Il s’agit entre autres, compte d’épargne, compte courant, bon de caisse, crédit commercial petits commerçants… l’EMF dispose de plusieurs agences Douala, Bamenda, Bafoussam et Yaoundé. Son siège social et sa direction générale se trouvent dans la capitale économique.

C.H.

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