Ces sociétés ont « survécu »  à la disparition de leurs promoteurs

La mauvaise gestion dans laquelle s’engouffrent certaines entreprises au lendemain de la mort de leurs fondateurs vient remettre au goût du jour la sempiternelle question sur la gestion des sociétés à capitaux privés au Cameroun. C’est sous ce prétexte que nous avons décidé de présenter ce jour, quelques-unes des structures qui ont su digérer la disparition de leurs promoteurs. Tour d’horizon.

Camlait

L’entreprise poursuit son expansion

L’agroalimentaire semble avoir digéré le décès de Michel Zuko cinq après son décès.

Le 13 août 2010, la société camerounaise des produits laitiers(Camlait) perdait Michel Zuko, son fondateur et président-directeur général(PDG) des suites d'une courte maladie dans une clinique de la capitale économique. Un décès qui n’a pas empêché l’agroalimentaire de rebondir avec ses fonds propres qui atteignent 2,2 milliards de FCFA en 2011. Ceci, grâce à l’ouverture du sous centre de Kumba dans le Sud-ouest et au lancement du yaourt brassé. Lequel propose deux marques avec quatre parfums : jem fruité, jem nature, camlait brassé nature et camlait brassé aromatisé, selon son site web.

Par ailleurs, le directeur commercial de l’agroalimentaire, Félix Eboue Petet avait annoncé tout récemment aux médias, son installation dans la ville de Bata en Guinée équatoriale. Camlait semble donc avoir digéré la disparition de Michel Zuko, cinq après son décès.

Le groupe Camlait est présent dans la sous région Cemac (Gabon et au Congo, ainsi qu’une filiale en Centrafrique). Créée en 1972, sous la forme d’une société à responsabilité limitée, l’entreprise s’est donnée pour missions de « la satisfaction de tous, malgré l’accroissement rapide et les exigences de diversification de la demande ». Pour y parvenir, elle s’est dotée de plusieurs centres de distributions, notamment à Douala, Bafoussam, Yaoundé, Ngaoundéré, etc. Outre les yaourts, l’entreprise dirigée par Paulin Toukam Zuko fait aussi dans les laits infantiles, emballages et margarine. Son siège social est à Douala.

Christian Happi

SCTM

Pas d’eau dans le gaz

L’héritage laissé par Christophe Siélenou, son fondateur ne semble pas lourd à porter. La nouvelle direction a investi dans un nouveau centre d'emplissage.

Christophe Siélenou, président-directeur général de la Société camerounaise de transformation métallique (SCTM), principal distributeur de gaz domestique au Cameroun rend l’âme le 26 juillet 2011. Quatre ans après son décès, les membres de sa famille se livrent à une guerre pour le contrôle des biens laissés par le défunt. N’empêche, l’entreprise à capitaux privés fonctionne tant bien que mal. Elle a d’ailleurs ouvert en 2013, un nouveau centre de stockage et d’emplissage de gaz «ultramoderne» dont la capacité journalière est de 6000 bouteilles de gaz. «Le centre d’emplissage de Mbankomo permettra de stocker davantage de produits pétroliers, particulièrement le gaz, et de palier à d’éventuelles pénuries de produits pétroliers qui sont causées quand la Sonora est en arrêt», expliquait Jérémie Dassié alors directeur de l’exploitation de la STCM. La fin des travaux et l’ouverture effectif du centre était annoncée pour la fin d’année 2013.

La SCTM a été créée en 1986 par des nationaux camerounais. Elle a pour activités la fabrication des bouteilles de gaz, équipement métallique et la distribution de gaz. L’entreprise emploie à ce jour environ 1600 personnes réparties dans ses différentes branches d'activités (administration, transport, enfûtage, manutention). Elle dispose de 6 agences réparties sur tout le territoire national (Douala, Yaoundé, Bafoussam, Bertoua, Garoua et Limbé). SCTM a un capital d’un milliard de FCFA et commercialise essentiellement du gaz conditionné sous 4 types d'emballage : 12,5kg ; 6kg ; 35kg, etc.

C.H.

Tsekenis

Le groupe se renouvelle au fil des années

Avec près de 330 collaborateurs à travers l’Afrique centrale, Tsekenis poursuit l'extension de son réseau.

Au contraire des entreprises qui font faillite après la mort de leurs promoteurs, le groupe Tsekenis a su se renouveler malgré le décès de Dimitri Tsekenis. De nouveaux départements spécialisés par type de clientèle vont se créer sous la direction d’Andreas Tsekenis son Président-directeur général. Il s’agit des grands magasins qui vont devenir tsekenis Life(T Life) et office concept rebaptisé T. Work. De même l’activité de libre-service de gros deviendra T. Max, tandis que sont créés T. tech, une enseigne dédiée aux produits technologiques.

Lancé en 2011, T. Rest offre quant à lui « un service sur mesure aux collectivités et un espace innovant de vente d’équipements professionnels pour les cafés, hôtels et restaurants », lit-on sur le site web de Tsekenis. De l’alimentaire à la décoration, de la vaisselle aux équipements et produits d’entretien, T. Rest met aussi à la disposition des professionnels de la restauration, une équipe commerciale dynamique et qui saura accompagner la satisfaction des besoins les plus spécifiques.

Fondé en 1948 par Dimitri Tsekenis, la société a commencé ses activités par le commerce de gros. On y trouvait des produits de consommation courante, surtout du textile, des vieux journaux, etc. Aujourd’hui, Tsekenis a grandi et possède des représentations à Yaoundé. Avec près de 330 collaborateurs à travers l’Afrique centrale, le groupe « appuie son développement sur l’implication, l’expertise et le dynamisme de ses équipes », souligne l’entreprise.

C.H.

Le groupe Fadil

A l’heure des mutations

Plusieurs changements ont été opérés suite à la disparition de son promoteur, notamment la construction d’un nouveau siège.

En 1993 meurt El Hadj Fadil Abdoulaye Hassoumi, le fondateur du groupe éponyme. 22 ans après sa disparition, « l’un des groupes industriels les plus performants en Afrique et au Cameroun en particulier » continue de fonctionner. Ce, grâce à la gestion de son fils ainé Mohamadou Bayero Fadil qui a fait doubler le patrimoine foncier du Complexe chimique camerounais(CCC) en 2008. La mère des entreprises Fadil devient ainsi la société la plus étendue dans la zone industrielle de Bassa, indique Wikipédia.

En outre, le président du groupe Fadil crée de nouvelles structures, notamment Complexe agro-industriel du Cameroun(CAIC), Sels du Cameroun(Selcam) et EMG (Equatorial media group). Ce dernier rassemble Dikalo (journal) Camenews 24 (télévision) et Hit radio.

L’autre changement majeur opéré suite au décès d’El Hadj Fadil est la construction d’un siège « futuriste » qui occupe une superficie globale de 1 250 m2. Selon le holding, il s’agit d’un immeuble imposant de cinq niveaux avec 1 035 m2 de surface totale de bureaux. C’est le bâtiment le plus élevé de la zone industrielle de Bassa. Crée en 1944, le groupe Fadil est une agro-industrie qui fait dans la savonnerie, l’hôtellerie, l’agro-alimentaire, l’élevage bovin et la communication. Son siège social est à Douala, sis à un vol d’oiseau du carrefour Dokoti.

C.H.

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