PHP: L’agro-industrie  répond à  Transparency  international

La société affirme que les observations faites l’année dernière par l’organisation ne reflètent pas la réalité.

La société des Plantations de haut Penja(PHP) a tenu à répondre à Transparency international Cameroun suite à son rapport, publié l’année dernière, et l’accusant d’être à l’origine de « la corruption et la violation des droits de l’homme à Njombé/Penja ». Ainsi, contrairement au rapport (page 5 et6) qui lui reproche de faire travailler ses employés dans des conditions exécrables, l’agro-industrie soutient qu’elle « verse des salaires compris entre deux et trois fois les minimums légaux applicables au Cameroun », a tranché Antoine Lihan, directeur des ressources humaines(DRH). Il s’exprimait le mardi 16 décembre 2014, au cours d’une rencontre avec les médias au siège social de la PHP à Njombé, département du Moungo. A l’en croire, la filiale du groupe français la compagnie fruitière a adopté depuis de nombreuses années, des pratiques de rémunération « largement » supérieures à celles établie dans le cadre de la convention collective nationale. A titre d’illustration, de 2004 à 2014, le salaire brut d’un manœuvre est passé de 55 835 FCFA à 113 463 FCFA, soit une augmentation de 57 628 FCFA. « La PHP a aboli la mise à pied et sa panoplie et est à plus de 16 ans sans aucune grève », a ajouté le DRH.

Sur l’accaparement des terres, la société estime que les observations de l’organisation allemande ne reflètent pas la réalité ; surtout qu’elle n’a pas connu d’extension de surface depuis 10 ans et n’envisage pas le faire dans l’avenir. Et, l’emprise foncière globale ne représente que 11% de la surface totale de l’arrondissement de Njombé/Penja, indique un cadre.

En plus, les terres qu’elle occupe sont regroupées sous trois principaux statuts fonciers. Il s’agit des terres appartenant en toute propriété à la PHP avec un titre foncier, des terres en contrat de location avec les propriétaires camerounais et celles sous bail emphytéotique signé avec l’Etat, apprend-on auprès des responsables de la PHP.

D'un autre point de vue, pour réduire la pression exercée sur les terres non cultivables, l’agro-industrie a mis à la disposition des femmes plusieurs parcelles de terre. Selon Pierre Kameni, responsable de la normalisation, 4 593 parcelles ont été déjà distribuées à 3 493 femmes dans le seul arrondissement de Njombé/Penja. L’idée est de permettre aux femmes de développer les cultures vivrières dont les récoltes sont vendues par elles pour leur propre bénéfice.

Christian Happi

26 milliards versés dans les caisses de l’Etat

Cette enveloppe représente l’argent collecté durant les 10 dernières années.

Au cours des 10 dernières années (période allant de janvier 2004 au 30 septembre 2014 NDR), la société des Plantations de haut Penja(PHP) a versé dans les caisses de l’Etat, 26,73 milliards de FCFA au titre d’impôts et taxes. Ce qui fait en moyenne trois milliards de FCFA par an. Françoise Ngosso, la directrice des comptabilités à la PHP l’a annoncé mardi dernier, lors d’une rencontre avec la presse. Des échanges ayant permis aux différents responsables de l’agro-industrie d’apporter des démentis sur le rapport de la section camerounaise de Transparency international et sur l’enquête diffusée sur France 2, une chaîne de télévision. En effet, dans une étude rendue publique en 2013, l’organisation assurait que la filiale du groupe compagnie fruitière traite de façon inhumaine ses manœuvres et ne reverse pas l'argent de la patente à l'Etat. Sur ce point, l’entreprise qualifie cette observation d’ « allégation mensongère et grotesque au regard du statut d’entreprise citoyenne conféré à la PHP », rétorque un cadre de la société. Celui-ci confie que la patente payée pour le compte de cette année s’élève à 73 millions de FCFA, contre 72 millions l’année antérieure.

Dans le même ordre d'idée, la PHP affirme ne pas être assujettie au ticket à quai réclamé autrefois par Paul Eric Kingué, ex maire de Njombé/Penja. Une position qui tire son fondement dans le fait qu’il ne concerne que « les véhicules de transport en commun pour l’embarquement des passagers dans une gare routière aménagée par la maire », souligne Françoise Ngosso, citant un extrait de l’article 99 du code général des impôts.

Par ailleurs, contrairement à ce qui est souligné dans le rapport de transparency et dans certains sites d’informations, la société a procédé à une étude d’impact environnemental avant de s'implanter dans les localités de Njombé, Penja, Loum et Manjo. D'ailleurs, cette étude a conduit à l’obtention d’un certificat de conformité environnemental, délivré le 3 juin 2010 par le ministre en charge de la protection de la nature, selon plusieurs responsables de la PHP . Ceux-ci pensent que les plantations de haut Penja ont toujours respecté la législation en vigueur en ce qui concerne l’utilisation des pesticides. « Les produits phytosanitaires et les substances actives qui les composent sont strictement encadrés et harmonisés au niveau européen », a indiqué un employé avant de conclure:" Nous n'allons pas porter plainte contre transparency".

C.H.

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